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Vendredi 10 Novembre 2006 à 00:00

Secouée par une vague de grève, RFI s'inquiète pour son avenir

Secouée par une vague de grèves qui perturbe les programmes depuis deux semaines, la radio publique Radio France Internationale (RFI), qui fut longtemps l'unique voix de la France à l'étranger, s'inquiète pour son avenir.

"La maison brûle!", s'est exclamé jeudi le délégué CFDT Marc Thiebault, à l'occasion d'une des assemblées générales qui rythment presque quotidiennement depuis 15 jours la vie de cette section de la Maison de la Radio à Paris. Depuis le premier arrêt de travail qui a marqué, le 25 octobre, la présentation de la réorganisation de la chaîne par son PDG Antoine Schwarz, les perturbations de l'antenne sont quasi quotidiennes. Organisée par les syndicats CFDT, CGT et FO, qui réclament des garanties sur l'emploi et les carrières, la dernière grève en date devait s'achever vendredi 10 à 07H00. Mais les arrêts de travail reprendront le 13 novembre à minuit à l'initiative de la CGT, suivie par la CFDT, puis FO, pour se prolonger jusqu'au 17 novembre au matin.

Antoine Schwarz constate avec amertume que les crédits de son entreprise dans le projet de budget de 2007 sont en baisse par rapport à 2006. Depuis dix ans, souligne la direction de RFI, le budget de cette radio est celui qui a augmenté le moins vite parmi les entreprises de l'audiovisuel public. "L'entreprise doit affronter une réorganisation en profondeur dans un contexte budgétaire très contraint", note le député UDF François Rochebloine, dans un avis de la commission des Affaires étrangères sur le projet de budget de la mission "médias". Pour les responsables syndicaux et les journalistes de RFI rencontrés par l'AFP, il ne fait aucun doute que le gouvernement refonde sa stratégie de l'audiovisuel extérieur sur France 24, future chaîne de télévision internationale d'information.

"L'objectif de nos ministères de tutelle (Affaires étrangères, Culture et Communication) est de nous faire disparaître", assure un journaliste. "On a un PDG qui a quelque part intériorisé la défaite de la radio, le fait que la radio a décliné face à la machine télévision et n'a plus de rôle à jouer sur la scène internationale", enchaîne un autre intervenant. Selon les syndicats, les contacts avec le ministère des Affaires étrangères montrent que celui-ci souhaite que RFI se concentre sur les informations destinées à l'Afrique, au Proche-Orient et aux pays émergents. "On a coupé dans le vif les émissions en langue polonaise", s'inquiète Piotr Blonski, de la rédaction polonaise, l'une des 19 langues étrangères parlées sur RFI.

Jeudi, l'Assemblée générale a mandaté les syndicats pour qu'ils demandent aux ministères de tutelle pourquoi le budget est en baisse, et ce qu'ils proposent pour les années à venir. Le contrat d'objectifs et de moyens (COM) que RFI doit conclure avec le gouvernement tarde, déplore le journaliste CFDT Raphaël Reynes, qui regrette l'absence de politique éditoriale de la radio. La direction reconnaît que "la réforme des langues et la nouvelle grille de programmes ont entraîné des modifications dans l'organisation du travail des personnels de production". Pour les syndicats, cela préfigure un "plan social déguisé".

"Les journalistes lusophones sont déjà organisés en pool", explique une journaliste de langue portugaise, "alors qu'on ne travaille pas de la même façon pour un public brésilien que pour un auditeur de l'Afrique lusophone".
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