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Mardi 28 Novembre 2006 à 00:00

Pour de grands médias américains, l'Irak est désormais en "guerre civile"

Plusieurs grands médias américains ont décidé qu'ils qualifieraient désormais de "guerre civile" le conflit irakien, au grand dam de la Maison Blanche qui récuse toujours ce terme.

"Nous avons eu de prudentes délibérations," a expliqué lundi à l'antenne Matt Lauer, présentateur-vedette de NBC, relevant que la chaîne avait hésité pendant des mois avant de se résoudre à l'évidence, au terme d'une nouvelle semaine sanglante sur le terrain. Lauer et un expert militaire, le général à la retraite Barry McCaffrey, ont offert de précises explications: une guerre civile oppose au moins deux groupes d'un même pays utilisant la violence à des fins politiques sur fond d'incapacité du gouvernement à enrayer les événements, et le conflit irakien tombe dans cette catégorie.

NBC a franchi le pas après plusieurs médias ce week-end: le Los Angeles Times utilise désormais le mot sans guillemets, l'éditorialiste de Newsweek estime qu'"il ne peut plus y avoir de doute sur le fait que l'Irak est en guerre civile". Editor & Publisher, magazine professionnel des médias, voit là "un tournant", sans doute précipité par "le pur chaos de la semaine passée". "Si ce n'est pas une guerre civile, alors (les Irakiens) préfèrent ne pas voir ce à quoi peut ressembler une vraie", commentait lundi le correspondant de CNN à Bagdad, Michael Ware. Mais la présidence américaine a de nouveau rejeté la notion de "guerre civile".

"Ce que vous avez est une violence religieuse qui semble moins destinée à prendre le contrôle d'un territoire qu'à exprimer des différences et aussi tenter de déstabiliser une démocratie", a dit lundi Tony Snow, porte-parole de la Maison Blanche. "La situation sur le terrain est très sérieuse, mais ni le Premier ministre (irakien Nouri) al-Maliki ni nous-mêmes ne jugeons que l'Irak est en guerre civile", a renchéri le porte-parole du Conseil à la sécurité nationale, Gordon Johndroe. "La sécurité de Bagdad et la formation accrue des forces de sécurité irakiennes seront au sommet des priorités de la rencontre (entre Bush et Maliki à Amman) cette semaine".

Le New York Times, qui jusqu'ici écrivait "au bord de la guerre civile", a aussi décidé d'employer l'expression pour de bon. "Aux Etats-Unis, le débat sur le mot fait rage car nombre d'hommes politiques, et d'abord ceux en faveur de la guerre, estiment que cela aurait des conséquences nationales que de la qualifier de guerre civile", relevait le quotidien dimanche. "Ils craignent que (ce) soit vu comme la reconnaissance de l'échec de la politique irakienne du président Bush". Lundi, le directeur de la rédaction, Bill Keller, a cependant indiqué dans un communiqué que les journalistes utiliseraient ce terme "prudemment", pour ne pas réduire au seul conflit civil une situation plus complexe.

Aux Etats-Unis, des experts et politologues ont classé depuis longtemps l'Irak dans cette catégorie, comme Monica Toft, professeur de politique publique à Harvard, qui utilise six critères allant du nombre de morts au rôle du gouvernement. Lundi le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a estimé que l'Irak était "presque" dans une situation de guerre civile et y sera à coup sûr si rien n'est fait rapidement. Mais au-delà de la bataille pour tenter de définir scientifiquement ce terme, certains, comme le professeur spécialiste de télévision Robert Thompson, voient dans la décision de NBC un sursaut de la presse américaine, accusée d'avoir parfois manqué à son devoir de contre-pouvoir avant l'entrée en guerre. "Quand ils ont commencé à se ressaisir, la guerre avait déjà démarré.

Alors oui, (le choix du mot +guerre civile+) est un pas supplémentaire visant à se réapproprier la manière de couvrir cette histoire et à faire qu'elle ne soit plus définie pour eux... Et une fois qu'une chaîne comme NBC décide de parler de guerre civile, cela commence à influencer la manière dont les gens pensent".
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