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Mercredi 17 Janvier 2007 à 00:00

Les programmes de télé scrutés à la loupe du pluralisme par le CSA

Au CSA, une équipe d'observateurs, les yeux rivés sur des écrans d'ordinateurs, décortique avec minutie les programmes de télévision pour s'assurer du respect du pluralisme avant l'élection présidentielle.

Depuis la tour Mirabeau au bord de la Seine, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel surveille le traitement des différents candidats par les grandes chaînes de télévision TF1, France 2, France 3 national, Canal+ (en clair) et M6. Pour les autres télévisions et les radios, le CSA s'en remet aux déclarations des différents diffuseurs. Mardi 11H00. Yann, étudiant en Sciences politiques, visionne la Matinale de Canal+ diffusée lundi, au lendemain de la désignation de Nicolas Sarkozy comme candidat de l'UMP. Une journaliste lance le sujet. Yann clique sur la souris de son ordinateur: 18 secondes de "temps d'antenne" pour le candidat. "Le logiciel calcule tout", explique le jeune homme.

Vient un reportage sur l'entourage du ministre de l'Intérieur. Claude Guéant, directeur de campagne, prononce quelques mots: 4 secondes tombent dans l'escarcelle du "temps de parole de Nicolas Sarkozy et de ses soutiens". "Il faut être très rigoureux et vigilants. Nous comptons à la seconde près", souligne l'étudiant. A ses côtés, des jeunes femmes visionnent les autres grandes chaînes. Le CSA emploie actuellement une douzaine d'observateurs, des étudiants "aimant la politique", qui travaillent par vacation de quatre heures. Ils créent une base de données très précise.

Sont concernés tous les programmes comportant des éléments politiques, y compris les magazines ou les émissions de divertissement susceptibles de donner la parole à des candidats ou à leurs soutiens, explique le CSA. "Tout est ensuite revisionné par une équipe composée d'un chargé de mission et de ses assistants", indique un cadre du CSA qui travaille sur les questions de pluralisme et ne souhaite pas être cité. Certains cas de figure peuvent être un peu délicats. Lorsque François Hollande, premier secrétaire du PS, lance un débat sur les hausses d'impôts au risque de gêner Ségolène Royal, il est considéré néanmoins comme un soutien de la candidate socialiste et il fait grimper son temps de parole et d'antenne.

Parfois, les observateurs se trouvent face à un casse-tête. A qui affecter un reportage sur une boulangerie qui s'est baptisée "Chez Ségolène et Nicolas"? "En cas de doute, cela peut remonter en arbitrage chez des conseillers", relève le cadre du CSA. Pour la période "préliminaire", du 1er décembre au 20 mars -date de la publication de la liste officielle des postulants à l'Elysée-, chaînes de télévision et radios sont tenues de respecter un principe d'"équité" dans les temps de parole et les temps d'antenne (ensemble plus large qui ajoute au temps de parole les éléments éditoriaux consacrés à un candidat).

Ensuite c'est le principe d'"égalité" pour les temps de parole qui s'appliquera jusqu'au scrutin. Les relevés du CSA, d'abord envoyés mensuellement, vont passer à un rythme bi-mensuel puis hebdomadaire à partir de mars. "Cela permettra aux chaînes de réagir rapidement", considère le CSA. En cas de déséquilibre flagrant, le CSA envoie une "lettre d'observation" à la chaîne. Si cela n'est pas corrigé, le Conseil peut envoyer une "mise en garde" -cela s'est produit lors du référendum sur la Constitution européenne- voire une "mise en demeure" -une disposition encore inutilisée en France métropolitaine.
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