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Dimanche 21 Janvier 2007 à 00:00

La Chine gagne ses galons parmi les grandes puissances spatiales

Le premier essai par la Chine d'une arme anti-satellite confirme la détermination de Pékin à se hisser parmi les plus grandes puissances, au risque d'affecter durablement ses relations avec les Etats-Unis et le reste de l'Asie, selon les experts.

L'essai, annoncé vendredi par Washington mais que Pékin n'a pas confirmé (ni démenti), serait le premier du genre depuis 1985, quand les Etats-Unis et l'Union soviétique avaient décidé de mettre un terme à la "Guerre des Etoiles". Selon les services de renseignements américains, l'arme testée a neutralisé le 11 janvier un ancien satellite météo. Cet essai relance les craintes d'une militarisation de l'espace et montre que les satellites espions sont dorénavant "potentiellement vulnérables à une destruction par la Chine", souligne Lance Gatling, ex-officier américain, expert des questions aérospatiales, basé à Tokyo.

Les Chinois "montrent clairement qu'ils ont l'intention de poursuivre leur programme (militaire spatial), comme ils l'entendent,et qu'ils sont même prêts à en assumer les conséquences", ajoute M. Gatling. L'essai a aussitôt déclenché des cris d'orfraie aux Etats-Unis, en Europe, en Inde et au Japon, mais les Chinois estiment ces réactions excessives, sinon hypocrites. "La Chine est en plein essor et il est naturel qu'elle tente d'appliquer au terrain militaire ses succès économiques", répond Zhu Feng, spécialiste des questions de sécurité internationale à l'Université de Pékin.

La Chine "reste beaucoup plus faible que les Etats-Unis et la Russie en matière de capacité militaire. Il s'agit donc d'une stratégie visant à refaire son retard dans un domaine où elle ne veut pas se situer en retrait", explique l'expert chinois. "Nous aussi, nous sommes une grande puissance. Nous aussi, nous avons des inquiétudes légitimes et cruciales en matière de sécurité. Qui peut oser nous dire: +Bien sûr, la Chine est une puissance en devenir mais elle n'a pas le droit de se doter d'une politique de sécurité+ ?", interroge le professeur Zhu.

La Chine communiste a toujours considéré comme une menace les satellites américains qui l'espionnent en permanence. C'est la raison pour laquelle, depuis son lancement en 1956, le programme spatial chinois est aligné sur des objectifs militaires. La Chine a lancé sa première mission habitée dans l'espace en 2003, entrant dans ce club exclusif avec les Etats-Unis et la Russie, au grand désespoir du Japon. Elle a conduit en 2005 un second vol orbital avec deux astronautes et espère pouvoir lancer une sonde non-habitée sur la Lune d'ici à 2010 et construire sa propre station spatiale.

Pékin ne consacre cependant que 500 millions de dollars par an à ses programmes spatiaux, selon des chiffres officiels, comparativement à un budget de près de 17 milliards de dollars débloqué pour la NASA en 2007. L'entrée de la Chine dans le club des détenteurs de l'arme spatiale "fait grimper les enchères dans ce que certains perçoivent comme un mouvement inexorable vers la militarisation de l'espace", regrette l'analyste américain Lance Gatling. Les Etats-Unis, plusieurs pays d'Europe, probablement l'Inde et peut-être le Japon disposent déjà du savoir-faire qui pourrait leur permettre de procéder à des essais semblables, estime M. Gatling.

Tétanisé par la montée en puissance militaire de la Chine, et dépendant exclusivement des Etats-Unis pour sa sécurité, le Japon lance des satellites espions depuis 2003, plus particulièrement destinés à surveiller la Corée du Nord. L'an dernier, le Japon a assoupli les limites qu'il s'était lui-même imposées à une militarisation de l'espace. Le succès spatial chinois survient "en pleine crise nucléaire nord-coréenne" et "pourrait renforcer l'argument selon lequel le Japon devrait développer sa technologie spatiale de défense", plaide Yasunori Matogawa, professeur à l'Institut spatial et astronautique du Japon.
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