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Jeudi 1 Février 2007 à 00:00

TV du futur: le pluralisme menacé, selon les chaînes indépendantes

Les petites chaînes de télévision indépendantes ont dénoncé jeudi, au nom du "pluralisme", le projet de loi sur la télévision du futur voté par l'Assemblée qui offre une chaîne "bonus" aux opérateurs historiques TF1, M6 et Canal+, en compensation du passage au tout numérique. Les députés ont adopté mercredi soir ce texte qui prévoit la fin de la diffusion analogique le 30 novembre 2011 au profit du numérique et prépare le passage à la haute définition (HD) et à la télévision mobile personnelle (TMP). Le point le plus controversé est l'octroi d'une chaîne "bonus" à chacune des trois chaînes historiques privées, TF1, M6 et Canal+, pour les inciter à basculer au plus vite dans la diffusion numérique. Cette disposition ne concerne pas le groupe public France Télévisions, dont les fréquences sont préemptées par l'Etat. A l'instar des députés PS, PCF et UDF, les petites chaînes indépendantes de la TNT, mais aussi du câble, du satellite et de l'ADSL, ont dénoncé un "cadeau" qui les exclut et menace leur développement dans le paysage audiovisuel français. "Pour briser la concurrence naissante des nouvelles chaînes, le gouvernement veut donner par la loi une seconde chaîne gratuite à chacun de ces trois groupes sur la TNT", a dénoncé l'association des "Nouveaux entrants de la TNT", composée de BFM TV (Nextradio TV), Direct 8 (groupe Bolloré) et NRJ 12 (NRJ Group). Lors du lancement de la TNT en 2005, TF1, M6 et Canal+ s'étaient déjà vu attribuer des fréquences. Fustigeant une "restauration des privilèges" et réclamant la "protection du pluralisme", les nouveaux entrants redoutent un "renforcement de la position dominante" des historiques qui viendrait "confisquer à leur seul profit le succès de la TNT". Pour Alain Weill, président de Nextradio, la chaîne bonus "vient récompenser des sociétés qui ont tout fait pour que la TNT ne soit jamais lancée en France". Le renforcement de la position dominante consacré par la loi "ne s'est vu dans aucun autre secteur ouvert à la concurrence", ajoute M. Weill, dans un entretien à l'hebdomadaire CB News. "Nous sommes ulcérés. Le texte est entièrement orienté vers les intérêts des acteurs en place, et certaines chaînes ne pourront pas subsister dans ces conditions", déplore Philippe Gault, président du Sirti (Syndicat interprofessionnel des radios et télévisions indépendantes), qui regroupe une quinzaine de chaînes du câble et du satellite (Euronews, l'Equipe TV, Motors, Trace TV...). Mais Philippe Bailly, analyste des médias au cabinet NPA, tempère cette vision: selon lui, le canal bonus "prolonge les équilibres existants du système économique actuel, qui est adossé à la production audiovisuelle et cinématographique". "En 2006, les nouvelles chaînes de la TNT ont contribué à la production à hauteur de 15 millions d'euros, contre 500 millions d'euros pour les +historiques+", note-t-il. A ses yeux, une trop grande fragmentation du paysage audiovisuel - il existe aujourd'hui une douzaine d'acteurs - risque d'aboutir à un émiettement des audiences et des revenus publicitaires "donc à une moindre contribution à la production et à une paupérisation du système, au détriment de la qualité des programmes". La loi sur la TV du futur permet de "rétablir une recentrage au profit d'une poignée d'acteurs, comme cela s'est fait en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Italie", conclut-il.
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