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Mardi 13 Février 2007 à 00:00

Les grands médias et leurs patrons, vedettes malgré eux de la présidentielle

Pour la première fois dans une campagne présidentielle, plusieurs des principaux candidats mettent en cause l'impartialité de grands médias, propriétés d'industriels accusés de favoriser notamment Nicolas Sarkozy.

"C'est quelque chose de tout à fait nouveau", relève Jean-Marie Charon, sociologue des médias. "La question des médias et du pluralisme était totalement absente de la campagne de 2002", déclare-t-il à l'AFP. Les critiques sur le traitement de l'insécurité ou le poids des sondages étaient apparues après le premier tour et s'étaient exprimées "surtout dans la rue". Avec l'élection 2007, "on a un vrai changement", renchérit Hélène Risser, journaliste et auteur de "Faiseurs de rois" (éditions Privé). Jusqu'à présent, les politiques critiquaient les médias, mais à mots couverts - à l'exception de Jean-Marie Le Pen - par peur d'être boycottés, ajoute-t-elle. "Il y a eu un retournement complet.Les politiques ont compris que la défiance du public était telle que c'est devenu un argument de campagne", selon cette spécialiste des médias.

François Bayrou, candidat UDF, a tiré la première salve dès août 2006 : il accuse les grands groupes industriels, à travers les médias qu'ils possèdent, d'"orienter" les Français vers un "choix tout fait" entre Nicolas Sarkozy (UMP) et Ségolène Royal (PS). En janvier, il vise "les grandes puissances médiatiques". Ségolène Royal lui emboîte le pas et s'en prend en février "aux conglomérats de la finance et des médias". Cibles de ces attaques : TF1, première chaîne de télévision en France, et les médias du groupe Lagardère (Paris-Match, Europe 1...), dont les patrons respectifs, Martin Bouygues et Arnaud Lagardère, sont proches de M. Sarkozy. Jean-Pierre Elkabbach, patron d'Europe 1, n'a pas souhaité répondre aux questions de l'AFP.

Robert Namias, directeur de l'information de TF1, "n'a nullement l'intention de polémiquer avec les politiques et encore moins avec les candidats". "Je souhaite simplement qu'on puisse tenir les médias en dehors de cette campagne et qu'on ne les prenne pas en otage", indique-t-il. Plutôt que d'une objectivité utopique de ses journalistes, il préfère parler d'"honnêteté". Pour Valérie Pécresse, porte-parole de l'UMP, penser que les médias roulent pour Sarkozy revient à avoir "de drôles d'idées sur la déontologie des journalistes". "Malheureusement les médias fonctionnent à l'audimat et la tendance est à inviter en plateau les personnalités et les candidats qui font le plus d'audimat", constate-t-elle.

Sarkozy et Royal, candidats très médiatiques, ne bénéficient pourtant pas du même traitement, estime Hélène Risser. "La montée en puissance de Mme Royal s'est faite contre les journalistes et les éditorialistes politiques", avec lesquels elle entretient "de mauvais rapports", explique-t-elle. Ce qui "explique en partie la virulence dont elle est l'objet". Nicolas Sarkozy en revanche a toujours soigné ses relations avec les journalistes. "Les rapports de force instaurés par la candidate PS avec les représentants de la presse sont quelque chose de nouveau en France", pays où les politiques cherchent traditionnellement "à jouer la carte de la connivence", selon Hélène Risser.

Mais Jean-Marie Charon souligne les risques d'un discours tendant vers le populisme. "Dire que +les médias, les politiques et les puissants, c'est la même chose+ me paraît être un jeu dangereux", déclare-t-il. "On attend des candidats qu'ils nous disent ce qu'ils proposent pour garantir l'autonomie des rédactions, en presse écrite et audiovisuelle, dans le privé et le public". "Est-ce que les candidats sont prêts à prendre ce genre de mesures?" s'interroge le sociologue.
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