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Samedi 17 Février 2007 à 00:00

Internet veille, pour le meilleur ou pour le pire

Les vidéos tournées à l'insu de responsables politiques ou de journalistes et diffusées ensuite sur la toile illustrent la montée en puissance d'internet comme instrument de vigilance citoyenne, avec les risques de dérive que cela peut entraîner.

Après Ségolène Royal, qui avait fait les frais à l'automne d'une vidéo diffusée sur le site Dailymotion dans laquelle elle égratignait certains professeurs, c'est au tour du journaliste Alain Duhamel de devoir rendre des comptes pour avoir confié qu'il voterait François Bayrou. Ses propos tenus en novembre à Sciences-Po ont été mis en ligne sur Dailymotion par les jeunes de l'UDF qui organisaient la réunion. Privé d'antenne par France Télévisions, Alain Duhamel, qui a aussi décidé d'un commun accord avec RTL de suspendre ses éditoriaux sur cette radio, a reconnu vendredi qu'il n'aurait "pas dû dire cela" devant des étudiants de Sciences-Po. Mais il s'est déclaré choqué par le fait que "des propos privés se retrouvent en public", assurant qu'il ignorait être filmé.

Alain Duhamel a dénoncé "l'effet d'internet", qui est "à la fois émancipateur" et "totalitaire", parce qu'il y a "un effet de choc gigantesque". "Je l'ai dit. Je le paie. C'est disproportionné", a-t-il ajouté. L'éditeur Guy Birenbaum, qui a relayé jeudi sur son blog la vidéo d'Alain Duhamel à Sciences-Po, s'est déclaré "scandalisé" par l'attitude de France Télévisions. "Je suis étonné de voir comment la machine s'est emballée. Il y a quelque chose qui ne va pas à la télévision publique", a déclaré à l'AFP le patron des Editions Privé, dont le blog "Domaine d'Extension de la lutte" a amplifié l'affaire.

"Lorsque j'ai posté ma note informative et interrogative sur la position d'Alain Duhamel, la vidéo avait été vue 243 fois sur le site Dailymotion. On est passé à 68.000 en un peu plus de 24 heures. C'est hallucinant. Je n'ai pas imaginé ça une seconde", a-t-il dit. "Internet, c'est le meilleur et le pire", a-t-il ajouté. "Désormais, il n'y a plus de +on the record+ et de +off the record+", relève Laurent Gervereau, président de l'Institut des images. "Tout est +on+. Quel que soit l'endroit où vous parlez, vos propos peuvent être rendus publics", souligne-t-il. "Alain Duhamel s'est fait piéger pour ne pas avoir pris en compte que désormais on est perpétuellement sous l'oeil de caméras potentielles", a estimé M. Gervereau.

L'éditorialiste, âgé de 66 ans, a l'habitude des campagnes "à l'ancienne" et paraît un peu "décalé", poursuit-il. "Il y a en quelque sorte une fracture générationnelle", considère M. Gervereau. "Internet est un formidable instrument de liberté et de pluralisme de l'information mais il peut aussi servir à toutes les manipulations et constituer un danger", relève M. Gervereau. "Nous sommes dans une +blog élection+. C'est un phénomène nouveau en France" mais pas aux Etats-Unis, souligne-t-il. L'homme politique américain George Allen, qui a échoué à se faire réélire sénateur, en sait quelque chose.

Sa phrase "bienvenue au macaque" lancée en août 2006 lors d'un meeting républicain à l'adresse d'un jeune d'origine asiatique qui filmait la réunion pour le compte des démocrates, a été largement diffusée sur le web, lui faisant perdre de nombreuses voix.
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