Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Dimanche 11 Mars 2007 à 00:00

Avec Grand Corps Malade et Abd al Malik, les Victoires couronnent le slam

En couronnant Grand Corps Malade dans deux catégories révélation et Abd al Malik pour le meilleur album de musiques urbaines, les Victoires de la musique ont souligné le succès qu'a connu cette année en France le slam, sorte de poésie scandée issue du mouvement hip hop.

Grand Corps Malade est le principal artisan de la découverte du slam par le grand public hexagonal. Son premier album, "Midi 20", a été l'un des succès discographiques surprise de l'année et s'est écoulé à quelque 500.000 exemplaires avant de lui valoir les Victoires de l'album révélation puis de l'artiste révélation scène. Le slam est né dans les années 80 aux Etats-Unis. Sa philosophie? Mettre le texte et la tradition orale de la poésie sur le devant de la scène, à travers des joutes verbales ou des performances sur les scènes ouvertes de Chicago ou New York.

Dans son acception stricte, le "slam" ("claquer" en anglais) consiste à déclamer des textes dans une scansion proche du rap et a cappella. Grand Corps Malade souligne toutefois ses textes d'un léger accompagnement musical. Cette discipline avait déjà été mise en lumière par le film "Slam" (1998, Caméra d'Or au festival de Cannes), avec l'Américain Saul Williams. En France, le slam a éclos à la fin des années 90, en région parisienne.

C'est sur les scènes ouvertes des petits bars de la capitale, où "un texte dit égale un verre offert", que Grand Corps Malade a appris les rudiments de son art. D'une voix chaude et profonde, Grand Corps Malade (alias Fabien Marsaud) déclame des textes de poésie urbaine sensibles et souvent drôles, qui prennent toute leur dimension sur scène puisque le slam est avant tout une performance instantanée. Ils célèbrent sa ville d'origine, Saint-Denis, évoquent l'accident qui l'a laissé handicapé à 20 ans, lui valant son surnom et la béquille qui ne le quitte pas, ou narrent les espoirs de jeunes "que la société néglige puis (...) accuse de nonchalance".

De son côté, Abd al Malik est un rappeur venu au slam sur le tard. Le slam n'est qu'un des genres qu'il utilise sur son album "Gibraltar", en le télescopant avec le rap, le jazz et la chanson française. Son "flow" (débit) est cependant typique du slam, plus libre et moins contraint par un cadre rythmique que dans le rap. "J'avais envie d'une révolution", avait-il expliqué en octobre à l'AFP, en évoquant ce mélange des genres. Dialogue et tolérance sont omniprésents dans les textes de "Gibraltar", à l'image de cette phrase: "Vive la France arc-en-ciel, unie et débarrassée de toutes ses peurs".

Dans son album, vendu à quelque 150.000 exemplaires, le jeune homme d'origine congolaise évoque son parcours: il a connu la délinquance dans sa cité strasbourgeoise du Neuhof, s'est laissé tenter par l'intégrisme musulman avant de découvrir l'apaisement avec le soufisme (branche mystique de l'islam). Abd al Malik avait déjà remporté le Prix Constantin, considéré comme l'antichambre des Victoires de la musique, en novembre dernier, puis un grand prix de l'Académie Charles Cros.

D'autres musiciens absents des Victoires se réclament du slam, comme Rocé ou Souleymane Diamanka, qui sortira en avril l'album "L'hiver peul". Revers de la médaille de cette reconnaissance publique: ces artistes, qui habillent leur slam d'un accompagnement musical, sont accusés par les puristes de pervertir le genre, normalement axé sur la seule parole et qui n'est pas destiné à être gravé sur disque.




Mais la soirée a également été aussi très mouvementée. La chanteuse Agnès Jaoui avait à peine commencé à interpréter son titre en direct qu’un homme est monté sur la scène. Il s’est alors emparé du micro de la chanteuse pour passer un message à propos du combat contre le cancer «on peut guérir du cancer avec des remèdes naturels. » Lui-même atteint de cette maladie dénonce les chiffres annoncés à la population qui selon-lui seraient faux. Les agents de sécurité sont très vite intervenus pour évacuer cette personne de la scène.

En fait, confie-t-elle au quotidien Le Parisien, « je n'ai pas bien compris ce qu'il se passait. J'ai cru que mon micro était mal fixé. Je comprends le désespoir de ce monsieur. J'ai moi-même été touchée par le cancer.» La chanteuse a ensuite repris ses esprits pour recommencer à interpréter son titre…
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution