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Mercredi 14 Mars 2007 à 00:00

La campagne 2007 régale la rédaction des "Guignols"...

Un Sarkozy nerveux se bourrant de Lexomil, un Bayrou enfantin aux oreilles de Dumbo, un Jean-Pierre Elkabbach faisant la pub du candidat UMP : pour les "Guignols de l'info", le "cru" de la campagne présidentielle est savoureux, même s'ils peinent à caricaturer "Ségolène".

"Il y a cinq ans on ne s'était pas vraiment régalés, Chirac et Jospin on les connaissait depuis longtemps et la campagne a été uniquement axée sur l'insécurité", confie à l'AFP Yves Le Rolland, producteur artistique, "chef d'orchestre" de l'émission satirique phare de Canal+. La présidentielle de 2007, la troisième suivie par les Guignols, a mis sur le devant de la scène une nouvelle génération d'hommes politiques. Autant de nouveaux personnages à "croquer" pour les quatre auteurs du faux journal télévisé. "C'est plus frais, plus rigolo. Il y a plus de coups de théâtre, de coups bas", résume Lionel Dutemple. L'omniprésence des médias dans cette campagne donne aussi davantage de "matière" au "JT" et à son présentateur, la légendaire marionnette de Patrick Poivre d'Arvor.

Les médias, jugés "globalement sarkozystes", sont ainsi constamment épinglés : les marionnettes des PDG d'Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach, et de TF1, Patrick Le Lay, font ouvertement campagne pour le candidat UMP. "Les +bourdes+ de Ségolène sont surmédiatisées, alors que Sarkozy en dit autant : on a voulu caricaturer cette véritable offensive médiatique", dit Bruno Gaccio. L'avalanche de sondages est également moquée. Pour en montrer l'absurdité, les Guignols ont inventé un sondage sur... la mort d'Henri Troyat. Si la critique peut être cinglante, les Guignols sont avant tout là pour faire rire, "pas pour redresser les torts", rappelle néanmoins Ahmed Hamidi. Certains leur avait reproché d'avoir "fait élire" Jacques Chirac en 1995 en le rendant sympathique.

"Il ne faut pas exagérer notre impact", répond Yves Le Rolland, soulignant que le théâtre de marionnettes crée un monde parallèle, une "quatrième dimension". Cette distance permet une grande liberté. "On ne se fixe pas de limite. Sauf la vie privée", affirme ainsi M. Dutemple, assurant qu'aucune censure ou plainte n'était intervenue. Au début de la campagne, le candidat Sarkozy, "plus limité que Chirac dans ses dons de comédie", les inspirait peu... "Jusqu'à ce qu'il décide, en janvier, de +changer+ : il est gentil avec tout le monde, il est de gauche, de droite. Il se +chiraquise+", relève M. Le Rolland. "Sarkozy s'affiche +calme-cool-zen+, c'est rigolo parce que foncièrement il ne l'est pas", renchéri M. Dutemple.

Plus il y a de contradiction, plus les caricatures marchent, à l'instar de la marionnette de Jean-Marie Le Pen avec son skate-board, "se la jouant moderne" alors que son discours est inchangé, observe M. Hamidi. La candidate socialiste leur donne plus de mal. "Un personnage en creux, monolithique, tout sourire alors que nos marionnettes ne sourient pas. On préfère son équipe de campagne (Jospin, Fabius et DSK)!", raconte-t-il.

Bayrou reste, lui, l'enfant naïf qui rêve d'unir droite et gauche. "Nos marionnettes doivent correspondre à des archétypes. Celle de Bayrou ne change pas, c'est vrai, comme celle de François Hollande... Pour que ça change, il faudrait un geste extrêmement fort", concède M. Le Rolland. Et les Verts? "Ils sont géniaux! On aimerait faire un sitcom avec eux".


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