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Vendredi 16 Mars 2007 à 00:00

Galileo: Bruxelles s'inquiète des retards d'un de ses projets vedette

La Commission européenne a "tiré la sonnette d'alarme" jeudi face aux entreprises chargées de développer le système de navigation par satellite Galileo, qu'elle accuse de paralyser ce projet emblématique des ambitions technologiques européennes.

Galileo, dont l'émission du premier signal a déjà été retardé à 2011 plutôt que 2010, vise à affranchir les Européens de leur dépendance à l'égard du système américain GPS, dans des domaines devenus stratégiques comme la gestion du trafic aérien, maritime et automobile. Le système doit être mis au point en deux temps: d'abord une phase de "développement", financée par les organes publics que sont l'Agence spatiale européenne (Esa) et la Commission européenne, pour un montant estimé à ce jour à 1,5 milliard d'euros. Puis, à partir de 2009, une phase de construction, de déploiement et d'exploitation des 26 satellites du système et des services qu'ils rendront possibles, gérée par un consortium privé regroupant huit grands noms de l'industrie du satellite européen: EADS, maison-mère d'Airbus, les français Thales et Alcatel, l'italien Finmeccanica, les espagnols Aena et Hispasat, le britannique Inmarsat et l'allemand TeleOp.

Or dans une lettre envoyée d'abord à la présidence allemande de l'UE puis jeudi aux industriels eux-mêmes, le commissaire européen aux Transports Jacques Barrot dénonce l'attitude du consortium. Ce dernier n'a constitué "aucune structure regroupant les huit partenaires" ni désigné "aucun négociateur" pour la représenter dans les discussions avec l'Autorité de surveillance de Galileo. Ces discussions doivent déboucher sur la signature d'un contrat de concession pour la gestion sur 20 ans des services et des satellites du système. Ce contrat devait être paraphé d'abord fin 2005 puis fin 2006, et attend toujours. Lors de discussions fin 2006, indique le commissaire, les entreprises ont même demandé que les organes publics assument une part plus importante des risques liés au déploiement/exploitation du système, un élément clé d'un contrat dont M. Barrot craint qu'il ne soit pas signé avant la "fin 2008".

Il estime qu'il y a désormais "un risque pour la livraison de l'ensemble du projet dans les délais prévus" et "n'exclut pas d'avoir à revoir certains aspects fondamentaux". En mentionnant sa volonté d'"explorer des alternatives", il menace à mots couverts de remettre en cause le consortium. M Barrot demande à la présidence allemande de l'UE d'autoriser une évaluation d'ici juin des chances d'aboutir des négociations actuelles, et à quelles conditions, mais aussi des "alternatives raisonnables". Mandat qu'il attend jeudi prochain à Bruxelles des ministres européens des Transports. Il demande aussi que les industriels s'engagent à signer les grandes lignes de l'accord de concession d'ici le 15 septembre "au plus tard". Les industriels n'ont pas immédiatement réagi jeudi à ce coup de semonce.

Toutefois, une source britannique a accusé l'espagnol Hispasat d'être "à l'origine des blocages" en essayant d'arracher des éléments du programme déjà attribués à la France, à l'Allemagne et à la Grande-Bretagne. L'énervement de Bruxelles est à la hauteur des espoirs mis en Galileo, cité parmi les avancées concrètes apportées par l'Europe. Le directeur de l'Esa estimait récemment que "l'Europpe joue sa crédibilité". L'impatience est aussi due au fait que les Européens sont talonnés par les Chinois, qui travaillent eux aussi sur un système de navigation par satellite de portée mondiale.

Mais les industriels ne sont pas seuls en retard: les pays de l'UE n'ont toujours pas réussi à s'entendre sur la ville qui accueillera le siège de Galileo. Et le lancement par l'Esa d'un des deux satellites expérimentaux destinés à valider en orbite les technologies retenues, initialement prévu pour le printemps 2006, pourrait n'intervenir que début 2008.
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