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Dimanche 18 Mars 2007 à 00:00

La santé des pôles vue de l'espace

Les satellites se révèlent comme les meilleurs observateurs de l'évolution des pôles face au réchauffement climatique, même si les instruments actuellement embarqués ne permettent pas encore de mesurer avec précision tous les aspects de la glace.

Les calottes polaires, reconnaissent désormais les climatologues, jouent un rôle majeur dans la régulation du climat planétaire. D'où la "nécessité d'une collecte de données fiables sur ces régions", a noté jeudi à Toulouse Joël Chenet, vice-président d'Alcatel Alenia Space, numéro un européen des systèmes satellitaires. Les chercheurs sont particulièrement attentifs à la fonte du Groenland, qui aurait de graves conséquences sur l'élévation du niveau de la mer et sur les courants marins, avec un ralentissement possible du Gulf Sream. Le symposium sur le "rôle des systèmes spatiaux dans l'étude des changements climatiques" a rappelé l'étendue des glaces sur terre. La seule calotte glaciaire antarcticque couvre 14,2 millions de km2. Auxquels il faut ajouter des banquises variant chaque année entre 6 à 16 millions de km2 en Arctique, et 2 à 19 millions autour de l'Antarctique: soit une couverture 5 à 10% de la surface totale des océans, selon les saisons.

"Les satellites d'observation sont les seules technologies capables de fournir une couverture véritablement globale" de ces glaces, a affirmé Pascale Sourisse, président-directeur général d'Alcatel Alenia Space: un satellite peut fournir 50.000 mesures par jour par altimétrie, contre une centaine pour des chercheurs in situ. Les observations satellitaires permettent aujourd'hui de déterminer la couverture géographique des glaces, leurs types selon leur âge (jeune ou pluriannuelle), les vitesses de dérive de la glace ou des phénomènes locaux comme l'ouverture d'un chenal. Mais elles ne sont pas capables de mesurer avec exactitude l'épaisseur de la glace. Or ce paramètre est très important lorsqu'on sait que les analyses sur la période 1993-97 montrent au centre de l'Arctique une diminution de l'épaisseur moyenne d'environ 1,5 m, soit une perte de 40% par rapport aux années 1958-76.

Actuellement, la glace de l'Arctique est fine: 2 à 3 m d'épaisseur à peine. L'Agence spatiale européenne (Esa), comme d'autres dans le monde (Nasa...), fournit depuis plus de 20 ans des données satellitaires sur les glaces, avec notamment des satellites comme ERS-1, ERS-2 et Envisat, ou encore MetOp. Le satellite européen Cryosat-1, réalisé par Astrium et spécifiquement conçu pour l'étude glaciologique, devait mesurer cette épaisseur des glaces. Mais il a été victime d'une défaillance du lanceur lors de son tir en 2005. Le temps presse pour une meilleure compréhension de l'évolution de l'Arctique, notent les experts, selon lesquels la surface occupée par la glace en Actique a diminué depuis 1992 à un rythme d'environ 900.000 km2 par décennie. L'explorateur Jean-Louis Etienne a rappelé jeudi que "si le rétrécissement de la banquise arctique se poursuivait au rythme actuel, elle pourrait disparaître totalement en été à l'horizon 2050".

Un nouveau satellite Cryosat sera lancé en mars 2009, avec à son bord le Siral (SAR Interferometric Radar Altimeter), réalisé par Alcatel Alenia Space. Cet instrument prendra des mesures, quelle que soit la couverture nuageuse, avec une précision moyenne de 1 à 3 cm, sur terre comme sur mer. Ses données ajouteront une pierre essentielle au suivi des régions polaires, et permettront peut-être de comprendre pourquoi, malgré le réchauffement climatique, la glace au centre du Groenland ne fond pas et les glaces des mers en Antarctique ont tendance à s'accroître.
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