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Jeudi 22 Mars 2007 à 00:00

Galileo: l'Europe peine à mettre en place un financement public-privé

L'Europe et ses industriels peinent à accoucher du financement public-privé de Galileo, la constellation de satellites de navigation qui doit assurer l'indépendance du Vieux continent dans ce domaine face au GPS américain.

Vingt mois après la désignation d'un consortium regroupant huit grands noms de l'industrie spatiale européenne, en juin 2005, le contrat de concession espéré pour décembre de la même année n'est toujours pas signé. Le commissaire européen des Transports Jacques Barrot a tiré "la sonnette d'alarme" en dénonçant les tergiversations des industriels à l'approche du Conseil des ministres des transports de l'Union européenne, qui doit examiner l'avancement du programme jeudi. Indépendamment des difficultés techniques inhérentes au déploiement de 30 satellites à 20.000 km d'altitude, qui ont déjà entraîné un retard de près d'un an selon des sources européennes, la non signature du contrat de concession met en suspens les commandes de satellites et risque de repousser leur déploiement au-delà de 2012.

Les concessionnaires, - le groupe européen EADS, le britannique Inmarsat, les français Thales et Alcatel, les espagnols Hispasat et Aena, l'italien Finmeccanica et l'allemand Teleop -, viennent tout juste d'apporter un début de réponse à la Commission, en tombant d'accord mardi, selon des sources du secteur, pour constituer enfin la société concessionnaire. Une de ces sources temporisait toutefois mardi en indiquant qu'il faudrait encore "18 mois à deux ans de négociations pour signer le contrat de concession" d'une durée prévue de 20 ans.

Selon des sources européennes et industrielles, ces retards seraient dus pour partie à des dissensions entre industriels sur le partage du travail et des responsabilités, des "surenchères nationalistes" faisant craindre à M. Barrot un "syndrome Airbus". La difficulté serait aussi liée au caractère "sans précédent dans l'Espace, du financement majoritairement privé d'une infrastructure à risque, dont le marché des applications est sans doute colossal, mais qui n'a pas de clientèle déjà définie", indiquait-on de mêmes sources.

Le directeur général de l'agence spatiale européenne (ESA), Jean-Jacques Dordain relevait aussi mardi qu'"aux Etats-Unis c'est la Défense qui a lancé le système GPS, en Europe nous en sommes réduits à une approche commerciale, c'est plus difficile". De son côté, une source proche de l'administration française estimait que "les incertitudes sur les revenus potentiels sont encore accrues par l'existence de la concurrence gratuite du GPS, même moins performant, et des ambitions russe et chinoise". L'ESA (17 Etats européens dont la Norvège et la Suisse) et la Commission européenne ont investi 1,5 milliard d'euros dans le développement du programme, jusqu'à la "validation en orbite" (IOV) des quatre premiers satellites, qui pâtit actuellement du retard de lancement du 2e satellite expérimental Giove-B.

Dans le schéma prévu en juin 2005, la suite du développement et le déploiement doivent être financés aux deux tiers par les concessionnaires, soit environ 2,1 milliards à leur charge, financés à 90% par endettement. D'où leur prudence. Selon une source industrielle, les concessionnaires vont cependant s'efforcer de préciser prochainement "les grandes lignes du contrat", réclamées par la Commission européenne entre mai et septembre 2007. Bruxelles a déjà laissé planer une menace en parlant "d'alternatives", faute de progrès d'ici à la fin de la présidence allemande en juin.

Les industriels y perdraient des revenus d'exploitation, mais "l'alternative" impliquerait forcément un financement public accru du développement, qui pourrait atteindre finalement 5 milliards d'euros, estiment plusieurs sources européennes et industrielles.
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