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Vendredi 30 Mars 2007 à 00:00

Patrick Le Lay, un patron emblématique

A la tête de TF1 depuis la privatisation de la chaîne il y a 20 ans et son rachat par le groupe Bouygues, Patrick Le Lay laissera en mai à son successeur Nonce Paolini une société en excellente forme financière et laisse l'image d'un patron énergique mais au tempérament controversé.

Entré chez Bouygues en 1981, il est nommé trois ans plus tard en charge de la diversification du groupe. Après l'annonce de la prochaine mise en vente de TF1, Patrick Le Lay prépare pendant un an, avec minutie, le dossier de candidature de son employeur, ignorant la rumeur qui donne Hachette favori.



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envoyé par ricar_mm


Lorsque Bouygues rafle la mise, ce Breton austère découvre les moeurs flamboyantes de la télévision, très éloignées de ceux du BTP. La plupart des stars quittent TF1 pour la Cinq, le navire tangue. Peu à peu, avec Etienne Mougeotte, il redresse la barre et transforme TF1 en machine à faire de l'audience. La chaîne s'installe comme leader incontesté de la télévision en France, une suprématie jamais entamée depuis près de 20 ans. Le bilan de M. Le Lay, qui aura 65 ans en juin, est largement positif, soulignent des analystes.

"Le groupe se porte bien financièrement parlant", grâce à une gestion rigoureuse et un incontestable savoir-faire en matière de programmation, rappelle Philippe Bailly, directeur du cabinet d'étude spécialisé dans l'audiovisuel NPA Conseil. Le groupe TF1 a réalisé en 2006 un bénéfice net de près de 200 millions d'euros (hors TPS) pour un chiffre d'affaires de 2,7 milliards. La chaîne TF1 réalise une part d'audience de 31,6%, un niveau "rarissime" en Europe, souligne M. Bailly. Au sein de l'entreprise, un syndicaliste met à son crédit "la réussite de la privatisation, alors que tout le monde partait", et une croissance réfléchie, qui n'a jamais mis en danger l'entreprise.

"Contrairement à Canal+, nous n'avons jamais eu de plans sociaux", glisse-t-il. "Il a participé aux comités d'entreprise de manière très régulière et était à l'écoute", ajoute ce syndicaliste qui ne souhaite pas être cité. Au sein de la rédaction, c'est "un homme de poigne" dont les seuls contacts avec les journalistes de base ont eu lieu "pendant l'existence éphémère de la Société des journalistes", rapporte un ancien journaliste de TF1.

Aux protestations de la SDJ après la coupure brutale, par la publicité, d'une conversation entre deux Prix Nobel lors d'un 20H00 en octobre 1992, il répond par le poétique: "je me fous de vos cartes de presse. Aujourd'hui, même les putes sont encartées". "Les relations se sont depuis normalisées car il n'y a plus de contestations" et la SDJ a disparu, ajoute cet ancien salarié. Et personne n'a oublié ses paroles sur "le temps de cerveau disponible", des déclarations sorties de leur contexte, s'était-il ensuite défendu. Ses erreurs de jugement sont peu nombreuses.

Mais en 2002, il jugeait "quasi nulles" les chances de succès de la télévision numérique terrestre (TNT), qu'il qualifiait de projet "marxiste". TF1 a ainsi préféré la TNT payante à la gratuite, où il ne possède que partiellement TMC (avec AB Groupe) et NT1 (via AB Groupe dont TF1 a pris 33,5%). TF1 n'est pas parvenu à devenir un groupe international, à part une prise de participation en Italie. Le groupe a laissé passer en 2003 l'occasion de s'implanter en Allemagne, lors du démantèlement de l'empire de Leo Kirch.

Enfin, dans la lutte qui l'opposait à Canal+ dans le domaine de la télévision payante, c'est Canal+ qui a remporté la mise en rachetant fin 2005 TPS, le bouquet satellitaire détenu majoritairement par TF1.
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