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Samedi 28 Avril 2007 à 00:00

Le satellite européen Envisat, témoin vigilant des outrages à la planète

A 800 km d'altitude, il traque les atteintes à la planète, depuis les dégazages en mer jusqu'aux émissions de gaz à effet de serre: après cinq ans de bons et loyaux services, le satellite européen Envisat est reparti pour un tour d'observations terrestres.

Envisat, ou "satellite pour l'environnement", est le plus gros objet jamais envoyé dans l'espace pour observer la Terre, avec ses 10 instruments de mesure et ses huit tonnes pour 10 mètres de long, rappelle Henri Laur, le directeur de la mission qui réunit un millier de savants cette semaine à Montreux (Suisse). Prévu lors de son lancement en 2002 pour fonctionner cinq ans, le satellite s'est avéré tellement fiable qu'il va continuer à arroser la Terre de ses informations pendant cinq ou sept ans encore, prévoit l'expert de l'Agence spatiale européenne (ESA). Parmi les 250 gigabits de données qu'il envoie quotidiennement au sol, Envisat met en évidence les émissions de dioxine de carbone, un polluant d'origine industrielle.

Les observations du satellite ont permis de dessiner une carte du monde révélant des évolutions notables, même en l'espace de cinq ans. "On constate que les émissions sont stables en Europe et aux Etats-Unis mais en forte augmentation en Chine", relève M. Laur. "On peut voir ainsi l'impact des changements économiques sur l'environnement".

Le satellite, doté d'un spectromètre, arrive aussi à évaluer la présence dans l'atmosphère de méthane et de gaz carbonique, les deux principaux gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. "La connaissance de ce phénomène a bénéficié énormément des observations par satellite. Il y a des tas de choses qu'on n'aurait pas vues autrement", souligne le spécialiste. Le réchauffement est mis en évidence par la fonte des glaciers du Groënland, dont la vitesse a été multipliée par deux en dix ans, selon les observations du satellite. Il a aussi révélé une hausse de 3 millimètres par an du niveau des mers, ainsi qu'un réchauffement des eaux du globe.

Un radar altimètre embarqué à bord permet de mesurer la perte d'épaisseur de la glace polaire, même de nuit et même sous les nuages. Les 230 techniciens de l'ESA qui récoltent les données à Frascati, près de Rome, peuvent aussi détecter les viols délibérés de l'environnement comme les dégazages de pétrole en mer. Le pétrole étant plus lourd que l'eau, le satellite peut en effet repérer une zone de moindre houle à la surface des mers provoquée par la présence d'hydrocarbures. "Envisat est bien connu des capitaines de tankers", souligne M. Laur. "On pense qu'ils connaissent la fréquence de nos passages en orbite".

Un pollueur ne se fera en effet repérer que s'il passe sous le regard du satellite, qui passe sur nos têtes 14 fois par jour. Il a tout de même permis aux autorités singapouriennes d'arraisonner un pétrolier indélicat. Au large de l'archipel français des Kerguelen, au sud de l'océan Indien, les observations d'Envisat ont permis de réduire de 90% la pêche illégale, rapporte M. Laur. Au-delà de 2012, Envisat sera remplacé progressivement par une armada de satellites plus petits, les "Sentinel", chargés d'observations spécifiques. Manque cependant pour l'instant un budget des 17 Etats membres de l'ESA pour un projet de chimie atmosphérique qui permettrait de continuer à analyser la présence de gaz à effet de serre.

Le symposium de Montreux a permis à la communauté scientifique de rappeler aux dirigeants européens qu'une telle observation "est très importante", a fait valoir M. Laur.
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