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Jeudi 26 Avril 2007 à 00:00

TV par satellite à la Réunion : La guerre des bouquets...

Depuis le 25 avril à minuit, les deux bouquets numériques diffusés à La Réunion ont un peu plus de films en commun.

Ce rapprochement, qui fait suite à l’absorption en métropole de TPS par le groupe Canal +, pourrait bien déboucher sur une guerre à mort entre les opérateurs locaux de télévision. L’heure de la révolution vient de sonner pour l’offre cinéma de Parabole Réunion. Les chaînes TPS Cinéculte et TPS Cinétoile ont déjà disparu. Elles sont remplacées depuis le 22 mars par Cinécinéma culte et Cinécinéma classic. Depuis minuit, il en est de même pour d’autres programmes. C’en est fini pour Home cinéma, Cinextrême, Cinecomedy, Cinefamily et Cinestar.

À leur place, les clients du bouquet régional ont respectivement accès à différentes déclinaisons de Cinécinéma, connues des abonnés de Canal Sat, et qui sont identifiées sous le nom de : Premier, Frisson, Émotion, Famiz et Cinéstar. Cette dernière ne devant pas être confondue avec TPS Star, chaîne premium qui demeure diffusée en exclusivité sur Parabole. Il est bien évidemment trop tôt pour savoir ce que penseront les téléspectateurs de ces modifications contractuelles leur étant imposées. Comme bien souvent, il y aura sans doute ceux qui apprécieront le changement et d’autres qui vont s’en plaindre.

Dans la mesure où les chaînes nouvellement diffusées par Parabole proposent des programmes équivalents en quantité et en qualité à ceux diffusés précédemment, certains seront tentés d’abaisser le débat en le comparant à celui que se livrent depuis des décennies les amateurs de Coca et les inconditionnels du Pepsi. Le problème est que cette réduction de la spécificité entre les deux bouquets suscite des interrogations plus sérieuses chez leurs clients. L’absorption de TPS par le groupe Canal + fait naître des doutes sur l’avenir des deux sociétés.

Le fait que les deux bouquets satellitaires accessibles à La Réunion diffusent en partie les mêmes chaînes n’est certes pas une nouveauté. Il y a déjà longtemps que les programmes des médias généralistes TF1, M6, Téva, TF6 et RTL 9, ainsi que ceux des thématiques Eurosport et Equida sont visibles par les clients des deux opérateurs. Cela ne portait pas à conséquences, ni à spéculations. Il en va autrement pour les dernières évolutions de l’offre locale. Les responsables de deux sociétés affirment que la fin de la concurrence à La Réunion n’est pas d’actualité. Ils fondent leur démonstration sur les 59 engagements déposés en février dernier devant le ministère de l’Économie par Vivendi (propriétaire de Canal Sat) et TPS, pour témoigner de leur souci de ne léser ni leurs clients, ni leurs fournisseurs, en fusionnant leurs activités.

Deux dispositions concernent La Réunion en particulier. Les opérateurs se sont engagés “à reconduire le (ou les) contrat(s) existant entre TPS et Parabole Réunion expirant le 31 décembre 2009, à sa demande, dans des conditions de durée, commerciales et techniques, notamment pratiquées en matière de transport, au moins aussi favorables que les conditions actuelles. Dans l’hypothèse où l’une ou plusieurs des chaînes concernées par le présent engagement ne serait(aient) pas conservé(es) par la nouvelle entité (NDLR : Canal + France), les parties s’engagent à proposer une chaîne d’une attractivité équivalente.”

Concernant les chaînes citées ci-dessus, Canal et TPS “garantissent l’absence de discrimination entre les plates-formes détenues par la nouvelle entité et les plates-formes détenues par des tiers, notamment en ce qui concerne les avancées technologiques (Haute Définition notamment)”. Pour combien de temps seront reconduits les contrats à partir du 1er janvier 2010 ? David Mignot, patron de Parabole Réunion, ne le sait pas, mais il considère qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter à court ni même à moyen terme. Qu’adviendra-t-il de la chaîne TPS Foot, condamnée elle aussi à disparaître ? Sur ce point, l’opérateur régional, comme son homologue dirigeant la filiale locale de Vivendi, se montre confiant.

Il ne doute pas qu’une solution sera trouvée pour satisfaire les clients de Parabole. Leurs intérêts, affirment-ils, sont en effet au centre des engagements cités précédemment. Les entreprises ne bénéficient pas de protections aussi sûres. Privé des chaînes de TPS, dont il était le concessionnaire exclusif pour l’océan Indien, le groupe Parabole va devoir redoubler d’efforts sur le plan marketing pour s’attirer de nouveaux abonnés. Ce n’est pas facile de convaincre en commercialisant un bouquet cinéma très proche de celui de son concurrent. Concurrent qu’elle ne peut même pas contourner dans la mesure où il n’existe pas de fournisseur véritablement alternatif en la matière.

Ce qui n’empêchera pas que des demandes de compensations doivent bientôt être adressées. Fragilisé par cet impondérable, le groupe Parabole se prépare aussi à devoir composer, sinon affronter, - comme son rival d’ailleurs - de nouveaux diffuseurs de contenus télévisés. Les opérateurs de téléphonie mobile et les fournisseurs d’accès internet à haut-débit annoncent que, pour eux, c’est imminent. De plus, l’an prochain, la télévision numérique terrestre, qui se met en place sur tout le territoire national doit être déployée à La Réunion. Le principe retenu en métropole consistant à utiliser le réseau de relais hertzien semble avoir la faveur des pouvoirs publics locaux. Parabole et Canal Sat préféreraient évidemment que la balance penche en faveur de la diffusion satellitaire.

Ils ont donc intérêt à ne pas trop se fâcher aussi pour faire front commun. Ce qui ne les empêchera pas, bien au contraire, d’intensifier leur bras-de-fer. La bataille pour les propositions d’offres gratuites en est une bonne illustration (lire notre info). Il n’est toutefois pas exclu que cette guerre commerciale débouche finalement sur une fusion. L’hypothèse n’est pas irréaliste. Au contraire, en terme d’économie d’échelle des télécommunications, c’est même la formule qui semblerait la plus cohérente. En faisant films communs, nos deux bouquets se prépareraient-ils à une union ? Il est trop tôt pour répondre mais ce n’est pas impossible.

Pour preuve, qui aurait pu imaginer que neuf ans après sa création, le bouquet satellite de TF1 et de M6 serait complètement avalé par son concurrent Canal Sat ? C’est pourtant ce qui s’est produit, car en rachetant 18 % de TPS (pour 150 millions d’euros), Vivendi Universal (propriétaire des différentes filiales de Canal) s’est fixé pour objectif sa prise de contrôle total dès 2008, laissant 10 % des parts du nouvel ensemble à TF1 et 5,1 % à M6.

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