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Dimanche 29 Avril 2007 à 00:00

Sénégal : la RTS face à la concurrence

Babacar Diagne a été nommé directeur général de RTS le 25 septembre 2006.

Dès sa prise de fonction, il a voulu donner un nouveau souffle à cette “ vieille dame ” qui a bien besoin d’être relookée pour mieux faire face à la concurrence. Depuis quelques mois, la Télévision publique sénégalaise fait face à une rude concurrence avec l’arrivée de chaînes privées qui rognent de plus en plus sur son audimat. Ces dernières mettent l’accent sur la musique et le sport (2STV), l’information et le documentaire (Canal Info), le cinéma et les jeux (RDV), sans compter les dizaines d’autres chaînes étrangères accessibles par abonnement (Canal Satellite, les bouquets d’Excaf et ceux de Delta Net-TV) qui offrent des programmes aussi divers qu’attrayants. Face à un tel frémissement du paysage audiovisuel sénégalais, la RTS a senti la nécessité de se secouer, de se redéployer afin de séduire un audimat de plus en plus exigeant.

D’aucuns ironisaient d’ailleurs sur son sigle en disant que RTS c’est “ Rien Tous les Soirs ”. La nouvelle direction a saisi au vol cette boutade en la transformant en... “ Ravi Tous les Soirs ” comme pour dire à ses téléspectateurs que des changements notables sont en train d’être effectués. “ Dès ma nomination comme directeur général, j’ai voulu être franc avec tout le personnel et me suis ainsi attelé à l’application d’une méthode de sortie de crise ”, se souvient Babacar Diagne. Il s’est d’abord attaqué à l’organisation de l’entreprise en essayant de rationaliser au mieux le personnel. “ Imaginez qu’il y avait un taux d’encadrement de 55 %. Par exemple, au service Montage qui regroupait 14 personnes, il y avait 11 à 12 chefs ! Il existait ainsi à la RTS un organigramme qui posait problème avec une pléthore de personnels au moment où, paradoxalement, l’antenne de la Télévision était désertée ”, explique M. Diagne.

Selon lui, la masse salariale augmentait alors que les ressources financières se faisaient rares. “ La grille des programmes étant peu attractive, il n’y avait pas de rentrée d’argent conséquente, ce qui plongeait la boîte dans un cercle vicieux. Aujourd’hui, le taux d’encadrement est revenu à une proportion “ plus raisonnable ”, c’est-à-dire 26 %. Le DG de la RTS a procédé à ces allègements tout en évitant de remettre en cause les avantages acquis. Cette politique de “ redressement ” a eu des effets bénéfiques. Il va ainsi faire des économies de 20 millions de francs CFA par an en diminuant, par exemple, la consommation en carburant ou en actionnant d’autres leviers. “ Cette somme peut sembler dérisoire si l’on sait que notre masse salariale est de 400 millions de francs CFA par mois, mais nous avons quand même réussi à stopper la dérive ”, constate Babacar Diagne.

Il reconnaît d’ailleurs que la gestion de cette masse salariale demeure toujours un problème. Le nouveau directeur général s’est ensuite attaqué à la diffusion en mettant l’accent sur la qualité des images et la couverture maximale du territoire national. “ Dès jeudi prochain, neuf émetteurs tout neufs que nous venons d’acquérir vont être acheminés dans les régions et seront installés dans des zones de cuvette comme Darou Mousty, Kédougou et certaines parties de la Casamance. “ Nous avons également acheté un nouveau car de production qui est une véritable régie. Il va nous permettre de travailler dans d’excellentes conditions à partir de n’importe quel coin du pays ”, se réjouit le directeur général de la RTS. Toute l’antenne a été relookée avec un nouvel habillage destiné à “ rafraîchir ” le petit écran avec, en prime, l’arrivée de nouveaux visages dont de nombreux jeunes animateurs. Le troisième chantier qu’il a attaqué après sa nomination est celui de la production. Des dizaines de caméras IMX (le must en matière de prise de vue) ont ainsi été commandées.

“ Actuellement, nous sommes les seuls en Afrique à utiliser cette technologie de pointe. En Europe, seule la Norvège a recours à ce genre de caméras. Notre ambition est d’être une télévision de référence ”, poursuit-il. Le directeur de la RTS a bien bénéficié du soutien des autorités dans le cadre de l’aide que celles-ci apportent à l’audiovisuel public. “ Je dois avouer que l’Etat a fait de nombreux efforts en passant des accords avec des partenaires. C’est ainsi que les nouvelles caméras ont été acquises grâce à l’Espagne par le biais de son quota auprès du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) à qui une requête avait été adressée ”. M. Diagne reconnaît que son entreprise a obtenu de l’Etat ce qu’aucun média public (le quotidien Le Soleil et l’agence de presse APS) n’a obtenu. Pour renforcer ses ressources, la RTS va se lancer dans le cryptage de ses programmes reçus en Amérique du Nord et dans d’autres parties du monde où vit une forte communauté de Sénégalais.

Ainsi, d’ici peu, tous ceux qui voudront capter la Télévision nationale devront désormais payer un abonnement de 200 dollars par an. La RTS va également se charger de la gestion du signal d’Africable au Sénégal. “ Ce sera un joint-venture qui nous permettra d’avoir 40 % des revenus de cette chaîne panafricaine dont le siège est à Bamako ”. Selon Babacar Diagne, une concurrence saine entre les différentes télévisions sénégalaises passe par le respect strict du cahier des charges. “ Il faut que l’on évite de faire des glissements. Les chaînes thématiques doivent le rester et ne doivent pas se muer en chaînes généralistes. C’est aux autorités de veiller au respect des modalités du cahier des charges ”, précise-t-il.

Pour transformer la RTS en une télévision de référence, il a confectionné une stratégie qu’il est en train de dérouler. Celle-ci repose sur trois axes : rationaliser l’organigramme, élever le niveau technique et maîtriser les charges. Une politique dont la finalité est de rendre l’antenne plus attractive. Vaste programme !

Le Soleil
MODOU MAMOUNE FAYE
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