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Vendredi 11 Mai 2007 à 00:00

Bruxelles privilégie un financement public des 30 satellites de Galileo

Bruxelles privilégie désormais ouvertement un financement public à 100% pour construire l'ensemble des 30 satellites du système de navigation par satellite Galileo et espère ainsi éviter de retarder son lancement, toujours prévu vers 2011.

"Aucun projet comme Galileo n'a jamais été financé avec de l'argent privé. Il n'est donc pas étonnant que les autorités publiques se chargent de construire la totalité de l'infrastructure", a expliqué jeudi le porte-parole du Commissaire européen aux Transports Jacques Barrot. Galileo vise à affranchir les Européens de leur dépendance à l'égard du système militaire américain GPS, dans des domaines devenus stratégiques comme la gestion du trafic aérien, maritime et automobile. Ce projet doit se composer d'une constellation de 30 satellites placés en orbite à quelque 20.000 km d'altitude.

La construction et le lancement des 26 derniers satellites devaient normalement être financées à hauteur des deux tiers par huit groupes industriels européens réunis en consortium, qui devaient ensuite également exploiter ce système. Semoncés pour leur lenteur, les industriels sont donc en passe d'être officiellement écartés du financement de l'infrastructure. Bruxelles doit dévoiler le 16 mai "des solutions alternatives", mais a déjà stipulé jeudi qu'elle privilégiait un financement des contribuables pour "la construction de l'infrastructure dans son entièreté".

D'où une ardoise supplémentaire d'environ 2,5 mds d'euros pour les contribuables européens. La décision finale reviendra toutefois aux 27 Etats membres de l'Union européenne, lors d'une réunion des ministres européens des Transports les 7 et 8 juin. Selon une source industrielle, "la complexité de l'opération a été sous-estimée". "Les industriels sont prêts à investir quand ils savent identifier un retour sur investissement", a-t-elle noté. Il a précisé que le système américain concurrent GPS, gratuit pour les utilisateurs, avait mis 20 ans pour voir le jour et avait coûté quelque 12 mds de dollars. Les 27 avaient fixé au 10 mai un ultimatum aux huit industriels pour qu'ils respectent enfin une partie de leurs engagements.

Les entreprises européennes chargées du projet Galileo (EADS, les français Thales et Alcatel, l'italien Finmeccanica, les espagnols Aena et Hispasat, le britannique Inmarsat et l'allemand TeleOp) ont demandé dès la semaine dernière à Bruxelles plus de temps et une garantie publique de leur dette. Une réponse jugée "nettement insuffisante" par la Commission jeudi. La solution de la Commission permettrait à la constellation d'être opérationnelle "vers 2010-2011" et ainsi "rattraper certains retards", selon son porte-parole.

Les industriels misaient de leur côté sur un lancement en 2013. Initialement organisés en deux consortia concurrents, les huit groupes avaient été sélectionnés en 2005 par l'UE pour éviter de fâcher des Etats membres soucieux de voir leurs entreprises participer à ce projet prometteur. Des désaccords entre eux ont également compliqué le projet, indiquent des sources industrielles. Selon une source de la Commission, "il y aura de nouveaux appels d'offres" pour la construction des satellites, ainsi que pour leur exploitation commerciale.

La Commission argue qu'il est moins cher de financer entièrement la phase de construction de l'infrastructure avec de l'argent public, plutôt que de garantir à 100% le prêt et les risques contractés par les industriels du privé. L'UE avait prévu dans son budget 2007-2013 un milliard d'euros pour le financement de Galileo. Sans l'apport du privé, "2,4 à 2,6 mds d'euros supplémentaires" devront être trouvés dans les finances publiques, selon la Commission. Il faut aussi y ajouter 1,2 md à 1,4 md d'euros déjà versés par l'UE pour la phase purement publique de développement, co-financé par l'Agence spatiale européenne.
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