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Vendredi 12 Janvier 2001 à 00:00

Les médias américains déchantent face à l'internet

Du New York Times à CNN, les médias américains révisent l'un après l'autre leurs ambitions dans l'internet, au prix de sévères suppressions d'emplois, forcés de constater qu'ils sont allés trop vite, trop tôt.

Le prestigieux New York Times a annoncé qu'il allait supprimer 69 postes dans sa filiale internet, soit 17% des effectifs, afin de réduire ses coûts et d'arriver plus vite à l'équilibre. Le groupe CNN n'a pas encore fait état de plans concrets mais a clairement laissé entendre en décembre à ses 4.000 salariés qu'ils devaient s'attendre à une réorganisation interne au début 2001. Cette réorganisation va se traduire par 500 à 1.000 suppressions de postes, dont une bonne partie dans la division interactive du groupe, qui emploie quelque 750 personnes, croit savoir le Wall Street Journal.

CNN Interactive, présenté comme le nouveau fer de lance du groupe lors du vingtième anniversaire de la chaîne en mai 2000, supervise une quinzaine de sites à l'enseigne CNN en plusieurs langues (anglais, allemand, espagnol, italien, portugais, japonais, suédois...). La plupart des sites internet de médias ont commencé à déchanter avec l'effrondrement des valeurs internet à la bourse en 2000 et l'ébranlement des "pointcom". "Les perspectives, qui paraissaient illimitées, sont devenues subitement très mauvaises", commente un analyste médias de la société d'études sur l'internet Jupiter Communications, Robert Hertzberg, à New York.

"Tous ces sites qui avaient embauché massivement, avec des perspectives de croissance de 30% et plus, se sont retrouvés subitement devant un problème. Comme ils relèvent de sociétés cotées en bourse et que celles-ci ont des comptes à rendre (à leurs actionnaires), ils doivent dégraisser", dit-il. Les recettes publicitaires, leur principale source de revenus, ne suffisent pas à faire décoller le chiffre d'affaires et à générer des bénéfices. Elles sont en outre mises à rude épreuve par le ralentissement économique aux Etats-Unis. "Ces sites n'ont pas été capables de trouver un modèle économique viable. La pub ne suffit pas", renchérit John Challenger, du cabinet d'études sociales Challenger, Gray and Christmas à Chicago.

"Beaucoup de ces compagnies ont recruté leurs propres équipes de journalistes, créé leur propre contenu au lieu de reprendre celui de leur journal. Tout cela coûte très cher", note-t-il. Face à ce constat, News Corp, le groupe de media contrôlé par Rupert Murdoch, a décidé au début janvier de fermer sa division internet aux Etats-Unis. La production de ses principaux sites web américains va être transférée aux chaînes TV auxquelles ils sont associés (Fox, Fox Sports et Fox News), ce qui va se traduire par la suppression de quelque 200 emplois. L'horizon n'est pas pour autant bouché.

Le vrai potentiel de l'internet reste à venir, avec l'avènement de la large bande passante (DSL ou câble), qui permettra de surfer cinq à 20 fois plus vite sur le web qu'avec une ligne de téléphone traditionnelle. "Dans ce contexte, il est clair que les gens vont utiliser de plus en plus l'internet et que celui-ci suppplantera à terme certains médias", estime Robert Hertzberg. L'accès à haut débit à l'internet devrait se généraliser dans les cinq à dix prochaines années.

D'ici là, les sites de médias vont devoir se trouver d'autres sources de revenus. "Le contenu pourrait devenir payant. Certains sites, comme CNN, doivent aussi développer la syndication", c'est-à-dire la vente ou le partage d'informations avec d'autres médias, suggère Robert Hertzberg.
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