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Mercredi 23 Mai 2007 à 00:00

L'arrivée d'un proche de Nicolas Sarkozy à TF1 provoque des remous

L'arrivée annoncée de Laurent Solly, 36 ans, ex-directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, à la direction de TF1 (groupe Bouygues), soulève un tollé à gauche et chez plusieurs syndicats de journalistes, qui dénoncent une "berlusconisation" du régime.

Le groupe Bouygues a annoncé mardi que Laurent Solly, chef de cabinet de M. Sarkozy jusqu'à son départ du ministère de Intérieur en mars, intégrerait "en temps voulu" la direction générale de TF1. Selon une source proche du dossier, il prendra les fonctions de directeur général adjoint de TF1 dans la deuxième quinzaine de juin aux côtés de Nonce Paolini, nouveau patron de la chaîne. Cette annonce, précédée par une déclaration en ce sens au quotidien Libération du responsable de la communication de l'Elysée Franck Louvrier, a provoqué de vives réactions du PS et du PCF. Les deux partis avaient déjà dénoncé pendant la campagne la "collusion" entre le candidat de l'UMP et les groupes de médias Bouygues et Lagardère, dirigés par des proches de M. Sarkozy.

"On est vraiment dans la méthode Berlusconi et cette collusion des grands médias et du pouvoir politique est complètement indécente", a estimé mercredi Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l'Egalité du Parti socialiste. Benoît Hamon, porte-parole du PS, affirme pour sa part que "la parole des socialistes est difficilement audible" car "ce que beaucoup craignaient, la collusion entre certains médias et le pouvoir politique, se révèle une réalité". Le porte-parole du PCF, Olivier Dartignolles, a fustigé une "présidence totalement décomplexée au fort relent berlusconien" qui "se fixe comme objectif (...) d'anesthésier l'opinion publique en contrôlant les grands moyens d'information".

Plusieurs syndicats sont montés au créneau. Le syndicat national des médias SNM-CFDT craint une "nouvelle ère étouffante pour l'information", évoquant la nomination de M. Solly à TF1 et "le choix de plusieurs éditorialistes de passer du côté des cabinets". Trois journalistes, Catherine Pégard (Le Point), Myriam Lévy (Le Figaro), et Georges-Marc Benamou (La Provence et Nice Matin) ont été nommés la semaine dernière conseillers de presse à Matignon et à l'Elysée. "Concentrée, noyautée, la presse court aujourd'hui le danger de devenir bâillonnée", selon la CFDT, qui "souhaite qu'une intersyndicale puisse se former afin d'exercer une vigilance qui apparaît désormais indispensable".

La CFDT critique également la perquisition au Canard Enchaîné dans le cadre de l'enquête sur l'affaire Clearstream, les liens entre le président Sarkozy et l'homme d'affaire Vincent Bolloré, ainsi que le retrait d'un article du Journal du Dimanche, propriété de Lagardère, sur l'abstention de Cécilia Sarkozy. Le JDD avait renoncé, le 13 mai, à publier un article révélant que Cécilia Sarkozy n'avait pas voté le 6 mai. Dans une lettre ouverte à Arnaud Lagardère, les journalistes avaient dénoncé une "censure inacceptable". Pour le SNJ-CGT, la nomination "choquante" de Laurent Solly va "accroître les soupçons de mise au pas de l'information dans une chaîne déjà largement suspecte d'avoir fait la promotion du candidat de la droite ultralibérale".

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) a estimé lui aussi "extrêmement choquante" la nomination à la direction de TF1 de Laurent Solly, estimant qu'elle "va mettre un peu plus à mal le lien de confiance entre les citoyens et cette chaîne de télévision".
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