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Dimanche 27 Mai 2007 à 00:00

Venezuela: fermeture controversée de la chaîne RCTV hostile à Chavez

Dimanche à minuit expirera la licence d'une des plus anciennes chaînes de télévision d'Amérique latine, Radio Caracas Television, accusée de conspiration par le président Hugo Chavez, dont la fermeture est impopulaire au Venezuela et fortement critiquée à l'étranger.

Avec RCTV, principale chaîne d'opposition d'envergure nationale, disparaîtront des journaux télévisés systématiquement critiques du gouvernement mais ce sont surtout les feuilletons à succès et les émissions de variétés à paillettes que regretteront les téléspectateurs. Le non-renouvellement de la licence de RCTV (Radio Caracas TV), créée en 1953, a été l'une des premières décisions de M. Chavez après sa réélection triomphale en décembre dernier. Il ne pardonnait pas à la chaîne son ton acerbe et surtout d'avoir soutenu en avril 2002 un coup d'Etat qui l'avait évincé deux jours du pouvoir. Pour le propriétaire de RCTV, gendre de son fondateur, Marcelo Granier, avec cette fermeture, le Venezuela "passe d'un régime centralisateur et autoritaire à un régime totalitaire".

M. Granier a fait publier mercredi dans tous les journaux un appel au président Chavez pour qu'il revienne sur sa décision, en l'exhortant à permettre que "dans le Venezuela d'aujourd'hui coexistent d'autres opinions". Des centaines de journalistes vénézuéliens ont défilé lundi à Caracas pour défendre la liberté d'opinion. Les manifestations contre la fermeture de la chaîne ont réuni des dizaines de milliers de personnes à Caracas y compris des acteurs des "télénovelas" (feuilletons) rendus célèbres grâce cette chaîne pionnière dans ce domaine. Le Parlement européen doit examiner la situation jeudi. L'Organisation des Etats américains (OEA) a exprimé sa préoccupation à l'instar d'organisations internationales de défense des médias.

"Les grands médias mondiaux, cette dictature médiatique, ont converti un simple acte de souveraineté en une bataille internationale", a dénoncé M. Chavez, face à cette vague de mécontentement. Le ministre des Télécommunications Jesse Chacon a argué que le non-renouvellement de la licence était le seul moyen à disposition des autorités pour sanctionner l'attitude "putschiste" de la chaîne. Il a aussi estimé que l'Amérique latine devait s'interroger sur "la fonction des médias en démocratie". "Sont-ils un contrepoids à l'Etat ou incarnent-ils le pouvoir lui-même ?", a-t-il demandé. Après la disparition de RCTV, remplacée par une nouvelle chaîne soutenue par l'Etat (Tves), il ne restera plus qu'une seule chaîne d'opposition: Globovision qui n'émet qu'à Caracas et dans la troisième ville du pays, Valencia.

On assiste "à l'assassinat d'une voix d'opposition très importante et à un renforcement de la voix de son maître", a dénoncé l'universitaire spécialiste du secteur Antonio Pasquali. D'autant que Venevision, propriété du magnat Gustavo Cisneros, autrefois proche de l'opposition, a adopté une position neutre depuis 2005. Au-delà de la polémique, les spectateurs vont surtout pleurer l'incubateur de soap operas et le diffuseur d'émissions de variétés à succès qu'était RCTV. Beaucoup de Vénézuéliens -- dont 70 à 80% désapprouvent la fermeture de la chaîne -- se souviennent encore du show de Renny où défilèrent dans les années 70 des célébrités comme Ray Charles, Tom Jones, Miriam Makeba ou les Jackson Five.

Dans les années 80, grâce notamment à RCTV, le Venezuela fut un grand exportateur de feuilletons comme "Kassandra". RCTV rendit populaires, dans les années 90, la "télénovela à tendance sociologique" traitant de questions comme le divorce ou la crise des hommes de 40 ans et le feuilleton "Por estas calles" de Ibsen Martinez.
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