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Lundi 28 Mai 2007 à 00:00

Venezuela : Chavez sous le feu des critiques après la disparition de RCTV

Le régime de Hugo Chavez était pris lundi sous le feu des critiques au Venezuela mais aussi à l'étranger, au lendemain de la disparition forcée de RCTV (Radio Caracas Television), la dernière grande chaîne nationale de l'opposition.

Après 54 années d'existence, cette télévision privée, dont le gouvernement a refusé de renouveler la licence, a disparu des écrans à minuit pour se trouver aussitôt remplacée par TVES, chaîne "socialiste" financée par l'Etat. Privé de RCTV, le Venezuela ne compte désormais qu'une seule chaîne hertzienne proche de l'opposition, Globovision, qui n'est captée que dans la capitale et a retransmis lundi des images des salariés de RCTV quittant le siège. Dans son premier discours, le président de TVES Lil Rodriguez a affirmé incarner "la responsabilité dans le cadre de notre constitution, notre souveraineté", alors que les partisans du régime socialiste fêtaient l'événement. De son côté, le président de RCTV, Marcel Granier, interrogé sur la chaîne Univision -dont le siège est aux Etats-Unis- soutenait que Chavez, un proche allié du dirigeant cubain Fidel Castro, était mu par "la volonté mégalomaniaque d'instaurer une dictature totalitaire".

Chantre du modèle socialiste depuis 1999, le président vénézuélien avait annoncé, après sa réélection en décembre dernier, la fin de la chaîne, lui reprochant le ton acerbe de ses journaux et son soutien à un coup d'Etat avorté en 2002. M. Chavez, qui n'a pas fait de déclaration officielle le jour de la fermeture de RCTV, avait rappelé la veille qu'il considérait la chaîne comme une "menace pour le pays". Dès lundi matin, des centaines d'étudiants ont manifesté dans des campus universitaires contre l'arrêt de la chaîne, tandis que leurs abords étaient surveillés par un important dispositif policier. L'un des principaux quotidiens, El Nacional, qui avait dénoncé la "fin du pluralisme au Venezuela", titrait lundi sur "les protestations après la fermeture de RCTV".

Durant le week-end, des milliers de Vénézuéliens ont également manifesté pour le maintien de la chaîne et dimanche de légers heurts avec les forces de l'ordre ont fait onze blessés. Connue dans toute l'Amérique latine pour ses programmes de divertissement, RCTV bénéficiait du soutien de 70% de la population, selon les sondages. Très virulent, l'archévêque du Venezuela, Mgr Baltasar Porras Cardoso, a fustigé le "sectarisme" du chef de l'Etat, comparant Chavez à Hitler, Mussolini et Castro. "Le sectarisme de ce gouvernement ferme chaque jour davantage l'espace pour ceux qui ne s'alignent pas totalement sur lui", clame l'archévêque de Merida dans les colonnes du quotidien brésilien O Estado de Sao Paulo.

A l'étranger, la présidence allemande de l'Union européenne a exprimé son "inquiétude", rappelant que "la liberté de parole et la liberté de presse sont des éléments essentiels de la démocratie". "L'Union européenne attend du Venezuela qu'il protège ces libertés et soutienne le pluralisme dans la diffusion des informations", indique un communiqué diffusé à Berlin. Plusieurs organisations internationales de défense des médias, comme Reporters sans frontières, ont également apporté leur soutien à la chaîne interdite d'antenne. Avant la fermeture de RCTV, le Parlement européen, le Sénat américain et l'Organisation des Etats Américains (OEA) avait exprimé leur préoccupation pour la liberté d'expression au Venezuela, où M. Chavez jouit des pleins pouvoirs depuis le début de l'année.
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