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Vendredi 15 Juin 2007 à 00:00

Espace: le marché commercial se redresse, l'Europe de l'espace stagne

Le marché des satellites de télévision et de télécommunications continue de se redresser, mais la stagnation de l'Europe de l'espace, illustrée par les vicissitudes du programme de navigation par satellites Galileo, inquiète les industriels à la veille du Salon du Bourget.

Après une période noire en 2003 et 2004, l'opérateur européen de lancements Arianespace fait état d'un carnet de commandes "archi-plein, avec 41 satellites à lancer dans les prochaines années", selon son PDG Jean-Yves Le Gall. Arianespace revendique la moitié du marché mondial des lancements commerciaux. Il mise en 2007 sur six lancements d'Ariane 5 ECA, fourni par EADS Astrium, et espère quatre lancements annuels de son associée russe Soyouz, qui devrait décoller de Guyane, comme Ariane, à partir de fin 2008. "Nous sommes au début d'un cycle de hausse de l'activité", estimait le PDG de l'électronicien Thales Denis Ranque lors du rachat en début d'année du fabricant de satellites Alcatel Alenia Space.

Chez les exploitants de satellites de télécommunications, Eutelsat affiche une croissance annuelle de 13% des services audiovisuels. "Notre industrie est la plus rentable du monde et c'est un moteur de l'industrie européenne", dit Giuliano Beretta, son président. Selon les chiffres de l'Association européenne des fabricants Eurospace, les ventes de satellites (960 millions d'euros en 2006) n'ont cependant pas encore retrouvé le pic de l'an 2000. Les exploitants misent sur une multiplication prochaine des applications nouvelles: transmission audiovisuelle vers les téléphones mobiles ou les véhicules, développement sur la bande haute fréquence Ka de services d'internet haut débit pour les zones inaccessibles à l'ADSL ou au câble, informations météo accrues.

Cet enthousiasme est douché par les industriels comme l'européen EADS Astrium, à la fois fournisseur de lanceurs et de satellites, qui a pourtant doublé son bénéfice en 2006 (à 130 millions d'euros). "La relative santé" des marchés commerciaux "ne doit pas faire illusion", estime son PDG François Auque. "Ils restent très minoritaires dans le monde, de l'ordre de 5 milliards de dollars contre 50 pour l'Espace institutionnel", celui des militaires, des scientifiques et de l'exploration humaine. Or, en Europe, les budgets institutionnels stagnent, faisant perdre du terrain sur les Etats-Unis et la Russie, mais aussi sur la Chine et l'Inde, déplore M. Auque. "Pour rester en première division, il faut que l'Europe retrouve l'ambition", lance-t-il en réclamant un programme européen d'exploration humaine de l'espace.

M. Beretta souhaite au contraire que les fonds publics soient plutôt employés à des investissements technologiques, pour aider les industriels européens à être rapidement compétitifs face aux satellites américains de Boeing ou Loral sur la bande Ka. "Il ne faut pas laisser la proie pour l'ombre", déclare-t-il. Les difficultés de financement du programme européen de navigation par satellites Galileo ne sont pas de nature à apaiser cette divergence. Le projet de développement en partenariat public-privé du programme destiné à concurrencer le GPS américain a échoué, et la mise en service de la constellation de 30 satellites a déjà été repoussée de 2008 à 2012.

La Commission européenne a décidé d'un financement public représentant un budget supplémentaire de 2,4 milliards d'euros. Mais vendredi, les ministres des Transports de l'UE ont reporté la discussion sur les modalités à leur réunion du début octobre.
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