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Samedi 20 Janvier 2001 à 00:00

Le FIPA s'interroge sur "la visibilité des minorités" à la télévision

Le FIPA (festival international de programmes audiovisuels) s'est interrogé sur la représentation des "minorités visibles" (noirs, maghrébins/arabes et asiatiques) à la télévision française et la manière d'améliorer la situation actuelle, de "colorer la télévision".

Dans ce colloque à Biarritz, des comédiens noirs comme Jacques Martial ("Navarro" sur TF1), animateur du "Collectif Egalité" qui se bat pour une représentation de la diversité de la société française à la télévision, ont affirmé leur "refus du mépris et du silence". "Nous demandons l'égalité des chances. Nous sommes obligés d'être agressifs pour faire entendre ce mal être", a-t-il souligné, évoquant la possibilité d'instaurer "des quotas" si rien ne changeait.

Moins radicaux, les comédiens beur Said Taghmaoui ou noir Greg Germain ont affirmé la "nécessité culturelle et commerciale de répondre aux demandes d'un public diversifié". Le problème de l'intégration passe aussi par la télévision, "lieu de pouvoir", ont souligné les intervenants tels que Serge Adda, PDG de Canal+ Horizons. Tous ont déploré la "frilosité des chaînes", même s'il y a une prise de conscience depuis deux ans, après la victoire de la France dans la Coupe du monde de football. Pour Greg Germain, il faut non seulement davantage de représentation de ces minorités mais aussi une transformation qualitative, avec par exemple des "héros positifs" de couleur.

A cet égard, le CSA avait récemment relevé "une carence de la fiction française qui échoue à montrer la société française dans sa diversité". La majorité des fictions montrant des minorités sur les chaînes françaises sont d'origine étrangère, et principalement américaines. La sélection au FIPA de la fiction "Fatou la Malienne" (prochaine diffusion sur France 2) de Daniel Vigne sur une jeune Malienne née en France et rattrapée par la "tradition" à travers un mariage forcé, devrait donner des arguments a contrario. Dans ce téléfilm réussi sur un sujet sensible, ce sont les Africains qui ont les premiers rôles, par exemple la jeune Fatou N'Diaye.

Geneviève Guicheney, médiatrice de France Télévision, a constaté que "la télévision française est en retard par rapport à la société". Elle se montre cependant optimiste, notamment via les jeunes générations. Pour elle, "la prise de conscience est là. On en est au stade de la mise en musique. Le travail concret reste à faire et il passe par beaucoup d'explications. La télévision a un rôle d'accompagnement. L'intégration ne veut pas dire la neutralisation". Les chaînes publiques devraient voir leur cahier des charges modifié, dans le sens de nouvelles obligations pour une meilleure représentation des minorités.

Quant aux animateurs et journalistes à l'antenne, un représentant de l'office national culturel du Canada a fait valoir que dans son pays, plusieurs émissions à fort taux d'audience sont animées par des Haïtiens. En France, selon le CSA, c'est TF1 qui propose le plus de reportages ou émissions de plateau sur les minorités ou présentées par des membres des communautés minoritaires.
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