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Dimanche 21 Janvier 2001 à 00:00

La "déréglementation" de la télévision en débat au FIPA

Service public pauvre et chaînes privées réglementées font qu'en France la fiction et le documentaire sont pénalisés, ont constaté à Biarritz les professionnels de l'audiovisuel, qui ont clairement posé la question d'une éventuelle "déréglementation" de la télévision.

Cette question a été au coeur d'un débat, organisé lors du 14ème FIPA (festival international de programmes audiovisuels), par la SCAM (Société civile des auteurs multimédia) et la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques). Ce débat préfigure un futur rapport des deux sociétés sur une "alternative au financement du service public". En France "on finance mal le service public et le secteur privé est soumis à une réglementation", a expliqué Monique Dagnaud, directrice de recherche au CNRS. "On est dans une situation bloquée depuis dix ans" (date du développement des chaînes commerciales).

Dès lors ne faudrait-il pas tout remettre à plat, pour "re-réglementer le service public?". "On commence à parler d'une privatisation de France 2. Ce n'est peut être pas une fausse nouvelle", a-t-elle estimé, affirmant qu'il "faut envoyer aux politiques une analyse de notre situation et pas seulement des plaintes". Le diagnostic des auteurs et producteurs sur "le sous-financement du secteur public", l'inflation des émissions de flux (réalisées en plateau) au détriment des émissions de stock (fiction et documentaire) et "l'absence de politiques patrimoniales" a été posé par le documentariste Alain de Sédouy.

"Nous sommes en situation de paupérisation complète", a-t-il averti à propos du secteur documentaire, soulignant que par rapport à l'argent qu'investit la BBC pour un documentaire de 52 minutes, le rapport entre la France et l'Angleterre est de un à trois. Ce secteur, a-t-il dit, est constamment grignoté par les magazines et fait l'objet d'une "programmation pour insomniaques".

En nombre d'heures produites en 1999, selon une étude du CNC, ce sont les chaînes thématiques qui ont augmenté le plus (+77% en un an), la Cinquième demeurant en tête avec 272 heures, devant France 3 national (256 heures), ARTE (211 heures), France 2 (151 heures), les chaînes privées TF1 (52 heures), Canal+ (43 heures) et M6 (31 heures).

Comparant la situation aux pays voisins, le producteur Horst Schering a souligné "l'indépendance totale" du secteur audiovisuel allemand vis-à-vis des pouvoirs politiques où la redevance est nettement supérieure à ce qu'elle est en France." 90% des programmes diffusés en Allemagne sont d'origine allemande", a-t-il souligné.

Le "modèle industriel d'Europe du Nord" (Allemagne et Grande-Bretagne) défini par Monique Dagnaud, produit plus (l'Allemagne produit 2.000 heures de fiction par an, la France 600), de façon plus efficace et avec davantage de capacités d'exportations que les pays latins comme la France ou l'Italie. En Grande-Bretagne, secteurs de production indépendant et "intégré" à des grands groupes se livrent à une saine émulation, selon un journaliste de la BBC, la chaîne qui a produit la fameuse "fiction documentaire" "Warriors", primé l'an dernier à Biarritz, où il a reçu le FIPA d'or.
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