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Jeudi 6 Septembre 2007 à 00:00

La radio-télévision publique sud-africaine accusée d'être la voix du pouvoir

La radio-télévision publique sud-africaine (SABC) essuie une pluie de critiques depuis qu'elle s'est retirée le week-end dernier d'un organe de défense de la presse dans des termes soulignant ses liens avec le pouvoir.

"Honte à vous tous, qui avez tourné le dos à vos valeurs culturelles (..) au nom de +libertés+ étrangères, froides et sans sentiment", a écrit au Forum des rédacteurs en chef sud-africains (Sanef) le directeur exécutif de la SABC, Dali Mpofu, en annonçant son retrait de l'organisation. Dans sa lettre, il regrettait que le Forum ait défendu au nom de "l'intérêt du public" l'utilisation par un hebdomadaire du dossier médical de la ministre de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang, accusée d'alcoolisme et de vol.

Sa lettre utilise le "langage du gouvernement, pas celui de journalistes", estime Anton Harber, professeur de journalisme à l'Université de Witwatersrand. "Nous ne pouvons pas rester muets quand nos mères et nos responsables démocratiquement élus sont mis à nus dans le seul but de vendre du papier", poursuivait Dali Mpofu.

L'hebdomadaire Sunday Times a publié une série d'articles accusant "Manto" d'avoir été condamnée pour vol au Botswana dans les années 70, et d'avoir profité d'une greffe du foie alors que son alcoolisme aurait dû l'en priver. Pour Anton Harber, le courrier de M. Mpofu illustre "la proximité déplorable" entre le gouvernement et l'audiovisuel public, ce qui "risque d'affaiblir la démocratie puisque la SABC est de loin le plus gros groupe médiatique sud-africain", avec trois chaînes hertziennes et 18 radios.

Le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), affirme que la SABC a abandonné "toute prétention au professionnalisme et à l'impartialité". "Au lieu de demander des comptes à la ministre, la SABC l'a montrée bien habillée et coiffée (...) souriant comme une star de cinéma", ajoute DA. La ministre, imperturbable face aux appels à la démission, ne fait pas mystère de sa proximité avec la radiotélévision publique.

"Je ne parle qu'à la SABC!", lançait-elle dernièrement devant les caméras d'une chaîne privée. La confédération syndicale Cosatu, alliée turbulente du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), remarque que la chaîne n'a pas toujours de tels égards envers les hommes politiques. Quand "le vice-président de l'ANC Jacob Zuma et le secrétaire général du Cosatu, Zwelinzima Vavi", qui ne mâchent pas leurs mots envers le gouvernement, "ont fait l'objet d'attaques personnelles", la SABC n'a pas réagi, note la Cosatu.

"On dirait que la SABC ne condamne la presse à scandale que lorsqu'un ministre en est victime", souligne-t-elle. Allister Sparks, ancien directeur de l'information de la SABC, accuse le "conseil d'administration" du groupe. Ses membres "sont sélectionnés par une commission parlementaire, qui choisit délibérément des gens favorables au parti au pouvoir", explique-t-il à l'AFP.

"Il y a un certain nombre de fortes personnalités qui imposent leurs vues. Et les autres rentrent dans le rang pour favoriser leur carrière", ajoute-t-il. Jane Duncan, directrice de l'Institut pour la liberté d'expression (IFEX), estime que "le principal problème de la SABC est l'autocensure. Certains de ses membres pensent qu'ils agissent dans l'intérêt national en contrôlant les critiques envers le gouvernement".

Dans un éditorial, le quotidien The Times évoque un air de "déjà vu entre la SABC sous l'apartheid et sous l'ANC". "Ce n'est pas aussi grave qu'à l'époque, mais on va dans cette direction", admet Allister Sparks. Personne n'était disponible au sein du groupe SABC mercredi pour commenter ces accusations.
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