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Lundi 10 Septembre 2007 à 00:00

La norme GSM: un succès inespéré qui a démocratisé le téléphone portable

Utilisée par plus de 80% des téléphones portables de la planète, la norme européenne GSM, qui a fêté ses 20 ans cette semaine, a été un succès inespéré pour ses inventeurs et permis le formidable essor de cet objet désormais ordinaire pour plus de deux milliards et demi d'individus.

En 1987, "un ingénieur allemand qui participait à l'élaboration de cette norme disait que l'on concevait un système pour 10 millions d'abonnés mobile en Europe occidentale", se souvient Rémi Thomas, alors jeune ingénieur au Cnet (Centre national d'études des télécommunications), le laboratoire de France Télécom. En France, on misait sur un million d'abonnés, alors qu'aujourd'hui on en compte près de 53 millions.

"Jamais entre ingénieurs on ne s'est douté que l'adoption d'une norme commune européenne allait pouvoir démocratiser à ce point la téléphonie mobile", poursuit M. Thomas, aujourd'hui responsable chez France Télécom du projet UMTS, la norme qui succède au GSM. Avant le GSM, qui représente en fait la deuxième génération de téléphonie mobile, chaque pays européen avait sa propre norme, Radiocom2000 en France ou NMT dans les pays nordiques.

A l'époque, les téléphones qui fonctionnaient en mode analogique étaient encombrants -on les trouvait surtout dans les voitures- et ils ne passaient pas les frontières en raison de normes différentes. "Un désastre qui explique que cette première génération +balkanisée+ n'a jamais fonctionné", selon Michel Feneyrol, ancien membre de l'Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes).

A la fin des années 70, la nécessité d'une norme unique commence à émerger. Première étape: en 1982, la CEPT (Confédération européenne des Postes et des télécommunications) affecte des bandes de fréquences communes à toute l'Europe. Un groupe de travail se met en place, le GSM pour "Groupe spécial mobiles" qui donnera son nom à la norme (mais pour Global System for Mobile Communications).

Alors que l'Europe oeuvre de concert, le Japon, lui, travaille à son propre standard et n'adoptera jamais le GSM tandis qu'aux Etats-Unis, on assiste à l'émergence de plusieurs normes. Enfin, pas décisif, le 7 septembre 1987, 13 opérateurs européens (Belgique, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Italie, Irlande, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Espagne, Royaume-Uni, Suède) signent l'accord de Copenhague, donnant le coup d'envoi à la construction de réseaux GSM.

L'exploitation commerciale des réseaux en Europe de l'Ouest n'a commencé qu'en 1992. L'élaboration de la norme doit beaucoup à la collaboration franco-allemande avec les pays nordiques, l'Italie et le Royaume-Uni. "Cette norme a été conçue de façon démocratique", se souvient Rémi Thomas. Le passage au numérique apporte de nombreux avantages: la confidentialité des communications, la sécurité (la fraude était considérable avec l'analogique), le passage des frontières. Le déploiement des réseaux a débuté dans les grandes villes.

L'installation des antennes sur des "points hauts" pour permettre le maximum de couverture "ne s'est pas fait tout seul", reconnaît M. Feneyrol, alors directeur du Cnet. En 1996-97, le marché du mobile prend forme: "tout le monde n'avait pas de téléphone portable mais ceux qui n'en avaient pas commençaient à trouver anormal de ne pas en avoir", se rappelle Rémi Thomas.

Vitrine d'un système cohérent, l'Europe convainc nombre de pays de la suivre sur la voie du GSM. "En Europe de l'Est, il y a eu une progression assez rapide car souvent il n'y avait pas de téléphone fixe", explique M. Thomas. Un schéma que l'on retrouvera aussi en Chine, en Inde, en Afrique, où nombre de villes et localités ont pu enfin bénéficier d'un système de communication. Les pays du Golfe, la zone Asie-Pacifique et l'Australie ont eux aussi adopté la norme.
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