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Lundi 17 Septembre 2007 à 00:00

Une série satirique fait rire les Irakiens, en brocardant leurs dirigeants

Les occasions de se divertir sont rares à Bagdad, et en plein ramadan la télévision adopte un sérieux de circonstance.

Mais, depuis cette semaine, les Irakiens se délectent d'une série satirique qui a fait ses débuts sur leur petits écrans. La chaîne satellitaire al-Sharkiya diffuse un feuilleton quotidien, "Anba al-Watan", dont le titre annonce le ton du programme : il signifie à la fois "Nouvelles du pays" ou ... "Trahison du pays".

La série présente les faits et méfaits du leader d'un pays arabe imaginaire, interprété par le très populaire acteur irakien Rasim al-Jumaili. Personne ne s'y trompe, la nation en question est bien l'Irak d'aujourd'hui. Dans le premier épisode, le héros décide de diviser le pays et y envoie ses troupes --qui ressemblent curieusement à des soldats irakiens-- pour mettre les villes à sac.

Le "président" Jumaili, dont l'embompoint rappelle celui du président irakien Jalal Talabani, se déplace entouré de gardes du corps patibulaires, dont un colosse efféminé. Il adopte toute une série de décrets, tous aussi farfelus les uns que les autres, comme l'obligation d'avoir un visa pour rendre visite à sa famille dans un quartier voisin.

La presse irakienne avait annoncé par de pleines pages de publicité ce premier rendez-vous avec "Anba al-Watan". Intitulé "Fédéralisme", il touchait un sujet explosif et très sensible pour les Irakiens : l'unité de leur pays. Cette série satirique sera diffusée pendant tout le mois de jeûne du ramadan, débuté la semaine dernière, une période privilégiée où les familles se retrouvent souvent pour l'"iftar" (la rupture du jeûne) devant leur petit écran.

Les parodies des responsables irakiens sont en théorie interdites en Irak, mais cette censure est sans effet avec les chaînes diffusées par satellite de Dubaï, comme al-Sharkiya, disponibles grace à de simples antennes paraboliques. Propriété d'un homme d'affaires irakien basé à Londres, Saad Bazzaz, longtemps directeur de la télévision et de la radio sous le régime de Saddam Hussein, Al-Sharkiya est souvent vue comme pro-sunnite.

Mais dans son premier épisode, "Anba al-Watan" s'est moqué de façon toute aussi féroce des chiites, des sunnites et des Kurdes. "Anba al-Watan" est le seul feuilleton du genre dans le très sérieux paysage médiatique irakien, qui rend compte surtout de la situation catastrophique du pays. Al-Sharkiya avait tenté de lancer un premier programme humoristique, "Federal Juha" --du nom d'un héros légendaire du folklore arabe--, mais sans succès, les acteurs ne réussissant qu'à mettre en exergue la triste réalité quotidienne des Irakiens.

Alors que la plupart des acteurs irakiens ont fui dans les pays voisins pour échapper aux violences, la plupart des programmes d'Al-Sharkiya, dont "Anba al-Watan", sont tournés à l'étranger, le plus souvent à Damas en Syrie. Les acteurs syriens Bassam Dakak et Abdul-Jalil Al-Yahya apparaissent dans une autre série d'Al-Sharkiya --Citizen G-- qui raconte les tribulations des Irakiens tentant d'obtenir de nouveaux passeports, les "passeports G", pour fuir le pays.

Plus classique, Al-Sumariya TV propose une série sur les grandes personnalités irakiennes, comme le poète Maruf al-Rusafi, interprété par un célèbre acteur, Jawad al-Shakarchi. De son côté, la télévision d'Etat irakienne, la très sérieuse Al-Iraqiya, dont les programmes ne brillent pas par leur fantaisie, a prévenu qu'elle diffuserait moins de variétés et plus d'émissions religieuses pendant le ramadan.

Son programme vedette sera ainsi un entretien quotidien vantant les bienfaits du jeûne pour la santé morale et physique.
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