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Lundi 1 Octobre 2007 à 00:00

La télé française développe la fiction ancrée dans l'actualité

Les grandes chaînes françaises tentent de renouveler leurs fictions depuis plusieurs mois et n'hésitent plus à s'emparer de faits ancrés dans l'actualité, sociale voire politique, une tradition très ancrée en Grande-Bretagne mais encore balbutiante en France.

Amorcé il y a quelques mois, ce mouvement semble s'accélérer: France 2 va diffuser mardi "Notable donc coupable", qui raconte le dérapage des médias dans l'affaire Baudis, TF1 évoque le droit de mourir à travers "Marie Humbert, l'amour d'une mère", France 3 parle des sans-papiers dans "Maman est folle"... Arte a diffusé "L'embrasement" (les émeutes de l'automne 2005), "Poison d'avril" (la campagne électorale du printemps 2007).

Canal+ diffuse prochainement "Les prédateurs" (l'affaire Elf) et "Opération turquoise" (les opérations militaires françaises au Rwanda en 1994). "Il y a une véritable ébullition en ce moment, qui engendre un renouveau de la fiction", estime Philippe Bailly, directeur général du cabinet de conseils NPA Conseil.

Les vieux modèles de la fiction française des chaînes hertziennes s'essoufflent, face aux séries américaines qui accumulent les succès d'audience et à la montée de la TNT, qui entame les parts d'audience, notent des observateurs du paysage audiovisuel. Les chaînes semblent prêtes à prendre plus de risques pour se renouveler.

"On est dans une période de mutation, un peu agitée", selon Fabrice de la Patellière, directeur de la fiction de Canal+. La chaîne cryptée a désigné la fiction comme l'un de ses axes de développement et met l'accent sur les sujets politiques contemporains. Pour le producteur Nicolas Traube, "les diffuseurs encouragent aujourd'hui des fictions ancrées dans le réel".

Jusqu'à peu, "on avait souvent des fictions qui faisaient semblant d'être dans le réel mais où tout était idéalisé en fait, avec l'ambition sous-jacente de moraliser la société", ajoute-t-il. Vincent Meslet, directeur de la fiction sur France 3, estime que les sujets de société "tabous" étaient abordés à travers des séries comme "L'Instit" par exemple.

Mais "ces fictions devaient présenter la morale des choses, alors que maintenant, on laisse le spectateur juge", déclare-t-il. "On est là pour réfléchir et poser des questions, lancer des débats, même si cela a été un peu oublié pendant des années", déclare Isabel Sebastian, la scénariste de "Marie Humbert".

Elle prépare un film sur les attentats terroristes du début des années 90 en France. La protection de la vie privée en France, très rigoureuse, a longtemps servi d'arguments pour expliquer le manque d'empressement des chaînes à aborder des sujets récents. "Qu'a-t-on le droit de faire quand on parle de quelque chose qui s'est passé? Comment écrire sur quelqu'un qui est en vie?", s'interroge Marc Guilbert, l'un des scénaristes de "Notable donc coupable".

Le producteur du film, Jean-François Lepetit, explique que le scénario "a été lu et relu par des avocats". Ces sujets sont "très difficiles à écrire" car "il faut beaucoup se documenter et travailler à partir de la réalité, ce qui est contraignant pour les scénaristes", note Fabrice de la Patellière. "C'est une gymnastique à laquelle on n'est pas habitué".

Mais "ces films ne sont pas destinés à faire de gros scores d'audience", prévient Nicolas Traube. "On ne peut pas prétendre fédérer tous les publics à partir du moment où l'on diffuse quelque chose d'original, qui risque de diviser", selon lui. "Attention à ce que les responsables des chaînes ne reviennent à une forme d'autocensure, sur le mode +vous voyez, cela ne marche pas+".
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