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Jeudi 25 Janvier 2001 à 00:00

35e MIDEM: la musique fait place au "net"

L'industrie musicale et le "net" sont parvenus à sceller un mariage de raison, ont estimé les quelque 10500 professionnels réunis du 20 au 25 janvier à Cannes (Alpes-Maritimes) à l'occasion du 35e MIDEM (Marché international du disque et de l'édition musicale).

Regardée encore avec inquiétude l'an dernier, la "toile" ne suscite plus les mêmes craintes pour l'industrie musicale. Et surtout, s'accordent à penser les professionnels, elle n'entraînera pas de sitôt la disparition du support traditionnel (vinyle jadis, CD aujourd'hui) qui la véhicule depuis un siècle.

"Restons calmes, le disque existera encore bien longtemps après notre mort", a résumé le Français Pascal Nègre, PDG de Universal Music France (U2, Bob Marley, Johnny Hallyday, Mylène Farmer). Davantage qu'un ennemi, le net est désormais considéré par les maisons de disques comme un relais promotionnel supplémentaire.

Dans cette perspective, Universal (ex PolyGram, racheté par Vivendi) et le site de téléchargement américain MP3.com ont conclu des accords. Démarche identique de la part de l'Allemand BMG (Bertelsmann Music Group) et de Napster, autre site de téléchargement. Les préoccupations des multinationales face à la diffusion anarchique et gratuite de leur production sont en voie d'apaisement: "cette année va être marquée par l'arrivée de la musique protégée et payante sur internet", a prédit Pascal Nègre.

De nouveaux modes de relation entre l'"ancienne" et la "vieille" économie sont en train de s'établir. Symptomatique de cet ajustement, la démarche du duo techno français Daft Punk. Pour la sortie de leur deuxième album ("Discovery"), le 12 mars, les Parisiens Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem Christo ont mis au point un album multimédia qui combine le disque "traditionnel" et les nouveaux supports numériques.

Chaque acheteur de l'enregistrement recevra une carte, accompagnée d'un numéro d'identification, qui permettra notamment de télécharger des morceaux supplémentaires. C'est dans cette possibilité d'offrir au fan des services et options supplémentaires que réside la force de l'internet, juge également l'ex chanteur de Genesis Peter Gabriel, "patron" de OD2, une société qui propose des solutions sécurisées pour la diffusion des oeuvres sur l'internet. Plus que jamais, la principale préoccupation de l'industrie du disque est la piraterie.

A la piraterie "à l'ancienne" (copie illicite d'enregistrements existants), s'est ajoutée celle offerte par la "toile", qui permet à l'auditeur d'avoir accès à la musique, et de la dupliquer à l'infini, gratuitement, sans limite. Les éditeurs phonographiques considèrent qu'il s'écoule ainsi dans le monde un album pirate pour chaque disque licite. Au-delà des inquiétudes suscitées par la révolution numérique, l'industrie phonographique se porte toutefois globalement bien. Son chiffre d'affaires mondial se monte à 40 milliards de dollars (260 milliards F).

L'année 2000 aura également confirmé la montée en puissance des répertoires locaux et, parallèlement, la baisse de régime d'une production anglo-saxonne jusqu'alors hégémonique. Sur son propre marché, la production française représente désormais 60% du chiffre d'affaires de l'industrie du disque. De surcroît, la France a exporté en 2000 presque un tiers de sa production musicale, grâce en particulier à la techno (Saint-Germain, Air, Modjo, Daft Punk), la "world" (Manu Chao, Khaled, Rachid Taha) et même la pop (Tahiti 80).
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