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Dimanche 28 Janvier 2001 à 00:00

Après une semaine de grève, le mouvement se durcit à la SFP

Faute de réponse du gouvernement sur son avenir, la SFP (Société française de production) s'enfonce dans la grève, caressant encore l'espoir, jugé irréaliste, d'une intégration des 430 salariés à France Télévision.

Si les piquets de grève ont été levés vendredi, évitant ainsi l'épreuve de force, la décision du tribunal de Créteil d'ordonner la fin du blocage du site de Bry-sur-Marne n'a pas entamé la la détermination du personnel.

Pour la CGT, syndicat majoritaire à la SFP qui a pris la tête du mouvement, la "lutte" doit continuer, afin d'arracher une réponse du gouvernement, concernant l'avenir du personnel.

"La SFP en tant que structure, on en a plus rien à foutre, ce sont les emplois qui nous préoccupent et qui doivent rejoindre le secteur public", a résumé Gérard Choukroun, délégué syndical CGT de la SFP au cours d'une conférence de presse dans les studios de Boulogne-Billancourt.

Seule alternative prônée par le syndicat, le rattachement des 430 salariés à France Télévision, qui internaliserait sa production. La SFP réalise actuellement un chiffre d'affaires de 400 millions de francs par an, dont 200 millions de francs avec France Télévision. Reste que cette solution, approuvée par 86% du personnel de la SFP, est jugée irréaliste, notamment par le gouvernement. Elle n'a pas reçu non plus un accueil enthousiaste de la part des salariés du secteur public.

"Nous sommes allés voir France 2, nous avons été déçus. Nous avons fait moins d'écho que les infirmières ou les traminots", a reconnu Marie-Claire Bouchet de la CFDT. Tous mettent en cause la "dérégulation" du marché et les "décrets Tasca", qui obligent le service public à faire appel à la production privée. Pour la CGT, ces décrets, "sous prétexte de rééquilibrage public/privé en matière de production, de fabrication et de prestation, ont des conséquences dramatiques et doivent être abrogés". D'autant, plaide le syndicat, que l'entrée du service public dans le numérique hertzien va créer un besoin de programmes audiovisuels supplémentaires.

"L'argent public est transféré au privé", s'est insurgé Charly Kmioteck, secrétaire général du SNRT CGT (Syndicat national de radiodiffusion et de télévision). "Le marché est totalement dérégulé. Toutes les sociétés de vidéo mobiles sont en difficulté: VCF (RTL Group) est en vente et Visual TV, filiale de TDF Vidéo Mobiles perd de l'argent depuis trois ans", assure-t-il, avant d'ajouter: "le gouvernement doit prendre ses responsabilités".

Pour mettre un terme aux difficultés de la SFP, cinq hypothèses avaient été avancées: statu quo, plan social partiel, liquidation, intégration dans France Télévision et privatisation par reprise de la SFP par son encadrement et son personnel.

Actuellement le gouvernement travaille sur plusieurs pistes industrielles et sociales, sans en écarter de nouvelles, comme le rapprochement entre plusieurs acteurs du marché, a-t-on appris de bonne source. Pour l'heure, l'intersyndicale de la SFP, après son entrevue avec la ministre de la Culture et de la Communication, a eu seulement l'assurance qu'une issue serait trouvée "avant fin mars". Un délai jugé inacceptable pour le personnel.
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