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Jeudi 18 Octobre 2007 à 00:00

Le Choeur de Radio France, unique en son genre, fête ses 60 ans

Le Choeur de Radio France, seule formation vocale professionnelle française à vocation symphonique, a célébré mercredi soir ses 60 ans lors d'un concert à Paris dirigé par trois chefs qui l'ont marqué et par son actuel directeur musical, l'Allemand Matthias Brauer.

La Radiodiffusion française a commencé à faire appel à des choeurs dès la constitution dans les années 1930 de ses orchestres, le National (1934) et le Radio-symphonique (1937, futur Philharmonique). Mais il a fallu attendre 1947 pour commencer à parler de "Chorales de la Radiodiffusion nationale", fortes de chanteurs titulaires et appelées à devenir le Choeur de Radio France en 1975.

Aujourd'hui, cet ensemble au nombre de chanteurs exceptionnel en Europe (110 membres permanents) accompagne régulièrement les deux orchestres et la Maîtrise de Radio France dans les grandes pages chorales du répertoire (opéras, oratorios, messes, symphonies avec choeur...). Il assume par ailleurs ses propres programmes, a cappella, dans des églises parisiennes: Saint-Eustache l'accueille ainsi pour son concert-anniversaire enregistré par France Musique, qui le diffusera le 31 octobre (10H00).

Au pupitre de direction, quatre chefs de choeur, quatre tempéraments, quatre répertoires du XVIIe au XXe siècle. Norbert Balatsch, invité récurrent du Choeur de Radio France depuis plusieurs années, ouvre le concert avec quatre motets de l'Autrichien Anton Bruckner.

Le Viennois maîtrise ce répertoire, mais le relief qu'il lui donne devient très massif avec un effectif aussi pléthorique. En outre, l'acoustique fuyante de Saint-Eustache trahit les limites du pupitre de sopranos, dont les aigus s'effilochent.

Autre invité régulier, le Russe Vladislav Tchernouchenko s'exprime lui aussi dans son idiome en dirigeant des pièces du compositeur du XXe siècle Georgy Sviridov, au langage archaïsant d'inspiration profane ou sacrée. Plus que les oeuvres, c'est le fondu sonore obtenu par le chef, qui a pris soin de mélanger les pupitres, qui suscite l'intérêt.

Ancien directeur musical (1986-1990), Michel Tranchant sert un répertoire français, évidemment une spécialité du choeur, qui fait entendre de belles mixtures de timbres dans un "O sacrum convivium" de Messiaen au temps étiré. Mais le bonheur de la soirée vient du dernier chef, Matthias Brauer, en poste depuis septembre 2006: ses motets de Schütz -- un Dresdois comme lui --, prouvent que le choeur n'est pas hors sujet en musique ancienne s'il est bien proportionné (30 chanteurs), dirigé avec clarté et soucieux du texte.

Dommage que la soirée n'ait pas comporté de création, pourtant un point fort du choeur, qui pourra se rattraper le 9 décembre à Montpellier avec la première mondiale d'une oeuvre de Claude Lefebvre et une commande passée à François-Bernard Mâche pour 2008.
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