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Vendredi 9 Novembre 2007 à 00:00

Farouk superstar, parfum de nostalgie sur le Nil

Depuis un demi-siècle, les Egyptiens avaient de leur dernier roi, Farouk Ier, l'image d'un débauché et pantin de l'Occident jusqu'à ce qu'un feuilleton télévisé le montre tout autre, lançant un grand débat.

"Tout le monde en parle et on sent un parfum de nostalgie monarchique", note l'essayiste Samir Raafat, certain que le feuilleton "Le roi Farouk" fait voler en éclat les clichés et la propagande de l'époque nassérienne. Pour l'écrivain Alaa Aswani, auteur du best-seller "l'immeuble Yacoubian", "c'est le désespoir qu'éprouve l'Egypte face à l'absence de démocratie du régime de (Hosni) Moubarak qui explique cet immense succès par trop glorifiant le passé".

Diffusé durant le ramadan par la chaîne saoudienne panarabe MBC, ce film en 31 épisodes passe désormais en soirée simultanément sur deux chaînes égyptiennes, la publique Nile Drama et la privée OTV. C'est en 1952 que Farouk, qui avait accédé au trône à 16 ans en 1936 après la mort subite de son père, Fouad Ier, fuit Alexandrie à bord d'une vedette, sortant de l'histoire égyptienne. Il meurt en 1965 en exil à Rome.

Un coup d'Etat mené par Gamal Abdel Nasser et son groupe des "officiers libres" met fin à une monarchie épuisée pour établir, sur fond de nationalisme arabe, un régime autoritaire et populiste. A Nasser, fils et ami du peuple, héros militaire et anti-impérialiste, au verbe populaire, fut opposé le contre-modèle d'un Farouk, aristocrate corrompu et obsédé sexuel, à l'arabe hésitant, et marionnette des Britanniques.

"Un être aviné alors qu'il ne buvait pas d'alcool!" affirme la cinéaste Asma el-Bakri pour qui le film, en dépit d'invraisemblances, met en pièces "tout un tissu d'âneries qu'on nous forçait à croire à l'école". Interprété avec brio par l'acteur syrien Taym al-Hassan, Farouk évolue dans un pays déchiré mais prospère, au milieu d'intrigues du Palais, sous la dure tutelle britannique, avec une vie politique intense.

Le roi, arraché prématurément de l'académie royale britannique de Woolwich, est montré comme un modernisateur, amoureux de son pays, mais ballotté entre diverses influences, y compris pro-allemandes pendant la seconde Guerre mondiale. "Dommage qu'il ait été placé trop tôt sur le trône où il n'a cessé d'avoir les Britanniques sur le dos", explique un de ses cousins, le prince Hussein Toussoun, descendant du vice-roi Saïd, l'initiateur du canal de Suez.

Pour lui, "son image avait été caricaturée à l'extrême, et le feuilleton rétablit la vérité". Mais Alaa Aswani pense, qu'en dépit de son talent, la scénariste égyptienne Lamis Gaber a fait la part trop belle au monarque déchu. "Ce feuilleton est remarquable", dit M. Aswani, "mais trop enthousiaste à l'égard de Farouk qui a combattu sans relâche le grand parti nationaliste Wafd, son régime n'étant pas un modèle de démocratie, même si c'est pire maintenant".

Si pour certains intellectuels le temps est venu d'en finir avec le "mythe nassérien", d'autres de l'opposition de gauche sont partis en guerre contre "le révisionnisme anti-républicain". "Vivement qu'on en finisse avec le nassérisme", dit Samir Raafat, alors qu'Asma el-Bakri peste contre "cette maudite révolution, en fait un coup d'Etat ourdi par les Américains".

"Je peux témoigner qu'à la fuite de Farouk le peuple pleurait de joie", note l'écrivain Baha Taher, nostalgique, lui, de l'ère Nasser. "Son régime n'était pas un modèle de démocratie, mais ce qu'il faisait, c'était pour le peuple". "Ce film est bien fait mais il condamne à tort l'ère Nasser, je dois cependant dire que la monarchie, c'était encore mieux que maintenant", affirme cet écrivain célèbre et "nassérien de coeur".

Lamis Gaber, évidemment ravie du succès populaire, l'est beaucoup moins des critiques des nassériens. "Ils vont jeter une fatwa contre moi parce que j'ai touché aux livres saints de leur divinité", dit cette "déçue du nassérisme et républicaine pour la vie".
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