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Mardi 27 Novembre 2007 à 00:00

Violences en banlieue: équipes télé et photographes en première ligne

Voitures banalisées, travail à plusieurs, caméras moins voyantes mais aussi rigueur particulière dans l'emploi des mots: les journalistes qui couvrent les violences en banlieue doivent faire preuve de prudence après l'agression lundi d'équipes de France 3 et de LaTélélibre.

Depuis la mort dimanche de deux adolescents à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) et les affrontements qui ont suivi, équipes de télé et photographes, aisément repérables, sont en première ligne pour rendre compte de la situation en banlieue. Pour le directeur de l'information de France 3 Paul Nahon, la règle de base est de n'envoyer sur place que "des volontaires qui connaissent le terrain".

"Nous disposons aussi de moyens de direct, extrêmement coûteux. Pour ne pas les mettre dans la poudrière, nous les installons à quelques kilomètres. Nos techniciens savent parfaitement réagir et juger s'il faut ou non plier bagage", explique-t-il à l'AFP.

John Paul Lepers, le directeur de la rédaction de LaTélélibre, une télé sur le net, donne à ses journalistes la consigne "de ne pas entrer dans un quartier sans avoir un 'fixeur', quelqu'un qui les accueille et qu'ils connaissent. On ne rentre pas dans un conflit autrement qu'en étant introduit", dit-il. Lundi soir, deux journalistes de LaTélélibre ont été blessés à Villiers-le-Bel: Miguel Maya a eu une phalange fracturée et le cameraman Larbi Aarab huit points de suture sur la tête. Tous deux ont pourtant l'intention de retourner sur place.

Les journalistes de AFP vidéo prennent aussi quelques précautions. "Nous n'avons pas de signe distinctif sur la voiture et nous partons à deux pour que l'un veille pendant que l'autre filme. On va essayer d'avoir des caméras moins voyantes et moins chères", explique l'un d'eux.

Du côté des photographes, les mesures sont identiques. "On ne reste jamais seul. Le photographe doit être au plus près de l'action, mais comme il a l'oeil dans le viseur, qu'il est concentré sur son image, il n'évalue pas aussi bien qu'un rédacteur la situation. A plusieurs, on peut se défendre et, si on reçoit une pierre, être évacué par un confrère", dit Olivier Laban-Mattei, photographe AFP.

A Capa, la consigne du patron de l'agence, Hervé Chabalier, à ses journalistes est "d'être au plus près de ceux qu'ils interviewent". "Ils ont l'habitude d'être sur le terrain et savent se faire accepter", dit-on à l'agence, dont une équipe s'est rendue mardi à Villiers-le-Bel pour tourner "un document d'urgence". Il y a aussi les mots pour raconter les événements. Par exemple, à l'AFP, on préfère éviter le terme "émeute" et employer pour l'instant le mot "affrontements".

Selon Catherine Nayl, directrice des reportages de TF1, "un débat s'organise au sein de chaque édition pour se mettre d'accord sur un vocabulaire. Il y a une surveillance particulière des termes employés avec une validation du rédacteur en chef". Paul Nahon se souvient que lors des violences de 2005, il avait décidé que les journaux nationaux de France 3 n'annonceraient plus le nombre de voitures brûlées chaque nuit.

"Quand j'ai pris cette position, j'ai été un peu critiqué, mais ce qui m'a fait réagir, c'est l'affaire de Mama Galledou, cette jeune femme brûlée dans un bus à Marseille. Les jeunes incendiaires du bus ont dit qu'ils voulaient faire comme à Paris, ils avaient vu les images". "Il existe une fascination pour la caméra, il faut l'éviter et nous avons une vraie responsabilité", juge-t-il.
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