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Mercredi 5 Décembre 2007 à 00:00

En Allemagne, toujours plus de foyers confrontés au surendettement

Grâce à eux, la chaîne télévisée allemande RTL bat tous les records d'audience: les ménages surendettés de l'émission de téléréalité "Raus aus den Schulden" (En finir avec les dettes) illustrent un phénomène qui prend de l'ampleur en Allemagne, et inquiète les associations.

Mercredi dernier, les déboires de la famille Strittmatter, de ses 100.000 euros de dettes et de ses quelque 90 créanciers ont attiré plus de téléspectateurs de la tranche d'âge 15-50 ans que le match de foot de Ligue des champions opposant Brême au Real Madrid... Avec force effets dramatiques, l'émission hebdomadaire met en scène un conseiller financier bénévole qui épluche des monceaux de factures en souffrance et sermonne des familles désemparées.

En Allemagne, quelque 2,9 millions de ménages sont surendettés, c'est-à-dire incapables de rembourser leurs créances, selon la dernière étude de l'observatoire des créances Schufa, qui discerne une "stabilisation" du nombre de foyers concernés. Mais pour les associations qui viennent en aide aux familles surendettées, dont le nombre a augmenté de 20% en une décennie, pas question de souffler.

Surtout que d'autres études, comme celle de l'institut spécialisé dans les faillites Creditreform, font au contraire état d'une aggravation du phénomène. Cet institut estime qu'un Allemand adulte sur dix dépense plus qu'il ne gagne chaque mois. Et même la Schufa constate que le nombre de "faillites personnelles" a augmenté de 10% en 2007, à quelque 100.000 cas.

Le nombre devrait grimper entre 200.000 et 300.000 dans les prochaines années, selon l'observatoire. "Je ne vois pas de renversement de tendance", assure à l'AFP Bettina Heine, de l'organisation protestante Diakonie, qui conseille des familles surendettées à Berlin. "Le premier déclencheur est la perte d'un emploi, suivie d'une séparation ou d'un divorce, ou alors la maladie", énumère-t-elle.

De plus en plus, ceux qui se pressent aux séances gratuites de conseil ne sont pourtant ni des chômeurs incapables de payer leur maison, ni des parents isolés croulant sous les factures. Mais de "jeunes adultes salariés qui viennent de quitter le foyer parental et essaient de voler de leurs propres ailes", sans parvenir à boucler leurs fins de mois, explique Mme Heine.

"Ils ont pris de mauvaises habitudes lorsqu'ils étaient encore sous le toit familial, par exemple souscrire des forfaits de téléphonie mobile d'entre 50 et 100 euros par mois, ou multiplier des abonnements sur Internet, pour des jeux ou d'autres services. Ce qui devient difficile à assumer quand il faut aussi payer un loyer, l'électricité, la nourriture, bref tenir un budget", raconte-t-elle.

Difficile dans ces conditions de résister aux publicités vantant le paiement d'un téléviseur à écran plat en dix mensualités, ou des crédits à la consommation "sans conditions" mais aux taux élevés. Face à ce rajeunissement inquiétant de la population concernée, "il faudrait rendre obligatoire dans les écoles des cours d'instruction financière, pour donner aux enfants des notions élémentaires, leur expliquer ce qu'est un taux d'intérêt, un découvert", réclame Marius Stark, fondateur de la AG SBV, réseau allemand d'associations spécialisées dans la lutte contre le surendettement.

Autres mesures demandées par les associations: la mise en place automatique de cellules de conseil financier en cas de licenciements dans une entreprise, ou une meilleure information des retraités, autre catégorie de population vulnérable.
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