Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Mardi 18 Décembre 2007 à 00:00

Le patron de France Télévisions désavoué par l'Etat en pleine réforme

Le président de France Télévisions, Patrick de Carolis, a été désavoué à deux reprises par les représentants du gouvernement alors que le groupe audiovisuel public, en baisse d'audience, a lancé une réforme qui inquiète en interne.

Les cinq représentants de l'Etat se sont abstenus, mardi, lors d'un conseil d'administration, sur la nomination du directeur général de France 2 François Guilbeau, actuellement directeur général de RFO, qui succédera à Philippe Baudillon. Le départ de M. Baudillon, lié à des "divergences" sur la mise en oeuvre de la réforme de France 2, avait été annoncé lundi par le groupe (France 2, 3, 4, 5 et Réseau France-Outre-mer, RFO).

Les représentants de l'Etat n'ont pas validé la nomination de M. Guilbeau pour "marquer leur désaccord manifeste car ni l'Elysée, ni Matignon, ni Bercy, ni le ministère de la Culture n'ont été consultés", a t-on indiqué de source proche du gouvernement. Il y a eu un "manque de concertation", a-t-on souligné de même source. La direction de France Télévisions a indiqué qu'elle avait informé l'Etat "la semaine dernière", considèrant qu'elle n'avait "pas à attendre la validation des cabinets ministériels".

"Patrick de Carolis fixe le cap stratégique avec l'Etat actionnaire mais s'agissant de l'équipage, il prend ses responsabilités de chef d'entreprise", a expliqué à l'AFP la direction. Le remplacement à la tête de France 2 survient alors que la chaîne souffre d'une érosion de son audience tombée à 17,8% de parts de marché en novembre. Le budget 2008 de France Télévisions, d'un montant de 2,9 milliards d'euros, a en revanche été adopté par la majorité du CA dont les représentants de l'Etat, a-t-elle ajouté.

Quoiqu'il en soit, cette abstention de l'Etat intervient dans un contexte tendu, plus de deux ans après l'arrivé de M. De Carolis à la tête du groupe. Vendredi, la tutelle avait déjà refusé de valider une partie du budget de France 3 consacrée à la diffusion par satellite des programmes régionaux, soit 5,7 millions d'euros. Selon l'Etat cette somme est comprise dans le contrat d'objectifs et de moyens (COM) et ne nécessite pas de financement supplémentaire.

M. Carolis sera donc contraint à des "mesures d'économies au sein de France 3 pour compenser ce manque à gagner", explique le groupe. Pour Jean-François Téaldi du SNJ-CGT, ce refus de l'Etat, "une première après la signature d'un COM, montre une volonté de la tutelle de déstabiliser la direction et, à travers elle, le service public". "A chaque fois qu'un président ne correspond pas aux souhaits du pouvoir on assiste au même scénario", a-t-il commenté.

Le patron de France Télévisions dénonce depuis des mois le "sous-financement chronique" de son groupe. Mais il n'a obtenu ni hausse de la redevance ni coupure publicitaire supplémentaire pour y remédier. Enjoint par le gouvernement de "moderniser" sa gestion, il a entrepris une réforme pour dégager "quelques dizaines de millions d'euros" d'économies. Cette réforme prévoit notamment la mutualisation des moyens techniques de production de l'information, la fusion de certaines unités et directions.

Mais ce chantier suscite l'inquiétude au sein du groupe de 11.000 salariés. Cinq syndicats de France 2 ont voté un droit d'alerte pour dénoncer "l'absence d'informations et le refus de la direction de présenter un projet clair et global". Un droit d'alerte a également été déclenché à France 3, où les salariés craignent une "fermeture des éditions locales" selon le SNJ-CGT.

Une assemblée générale des salariés de France 2 a rassemblé lundi "200 salariés, qui voient mal comment on va éviter un plan social sur l'ensemble du groupe", a ajouté ce syndicat.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution