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Jeudi 20 Décembre 2007 à 00:00

BSkyB va sans doute devoir rendre la majeure partie de sa part d'ITV

Le bouquet satellitaire britannique BSkyB, contrôlé par l'américain News Corp de la famille Murdoch, a pris un coup jeudi, les autorités de la concurrence britanniques recommandant qu'il divise par plus de deux sa part de 17,9% dans le groupe ITV, un double revers stratégique et financier.

La Commission de la Concurrence a recommandé que BSkyB abaisse à moins de 7,5% cette participation, et ne sollicite aucune présence au conseil d'administration d'ITV. Si, le 29 janvier au plus tard, le ministre des Entreprises et des Affaires John Hutton entérine cet avis, BSkyB aura eu le mauvais rôle dans une affaire où il était intervenu par la force pour empêcher le rapprochement de deux concurrents, dans un secteur britannique des medias extrêmement concurrentiel.

En novembre 2006 en effet, le nouveau groupe Virgin Media, issu du rapprochement du câblo-opérateur NTL et de l'opérateur de téléphonie mobile Virgin Mobile, courtisait le groupe de télévision ITV, gros fournisseur de programmes, en vue de le racheter. Voyant le danger, BSkyB avait alors tout-à-trac annoncé le 17 novembre le rachat d'un coup de 17,9% du capital d'ITV. Pour ce faire, il avait mis le prix, payant ses titres 135 pence pièce, soit près de 17% de plus que le cours de l'action ITV le même jour, pour un total de 940 millions de livres (1,3 milliard d'euros).

Depuis, cette prise de participation n'a pas été très productive entre les deux groupes, d'autant que les autorités de Concurrence ont commencé presqu'aussitôt à s'y intéresser, mais elle a atteint son but implicite, empêcher l'arrivée d'autres racheteurs pour ITV. La Commission de la Concurrence justifie ses conclusions en estimant que cet achat a affaibli la concurrence, même si "une solide culture d'indépendance éditoriale" à ITV, deuxième fournisseur d'informations au Royaume-Uni derrière la BBC, a empêché selon elle que BSkyB exerce une influence sur le contenu des informations.

BSkyB est détenue à 39% par le groupe de presse américain News Corp dirigé par Rupert Murdoch. Celui-ci vient de quitter la présidence de BSkyB, où il est remplacé par son fils cadet James, 35 ans, qui était directeur général du bouquet satellitaire au moment de l'achat de la part d'ITV. Outre les 8,1 millions d'abonnés à BSkyB, News Corp a également la haute main au Royaume-Uni sur les quotidiens les plus lus dans les deux principaux segments, le Times et le Sun.

James Murdoch est vu comme le plus probable successeur de son père à la tête de l'empire News Corp, puisqu'il vient aussi de prendre la direction des opérations européennes et asiatiques, mais l'affaire ITV ne sera sans doute pas à mettre à son crédit, puisque l'action ITV vaut 40% de moins actuellement que le prix auquel il l'a achetée, soit une moins-value potentielle d'environ 350 millions de livres.

Jeudi matin, le cours d'ITV montait un peu, le marché espérant voir revenir de nouveaux acheteurs pour un groupe qui se verrait en partie délesté de son encombrant actionnaire. Pour Martin Slaney, qui voit la recommandation de la Commission comme "un coup stratégique contre BSkyB", celle-ci "rouvre la porte pour Virgin Media et d'autres acheteurs potentiels". Amanda Purton, de Barclays Wealth, juge cependant que "Virgin a déjà beaucoup à faire et qu'il est difficile pour les entreprises de trouver des financements", notamment celles de media.

ITV s'est "réjouie" du rapport de la Commission. BSkyB, qui a un fort poids politique au Royaume-Uni, n'a cependant pas dit son dernier mot. Un porte-parole a indiqué que le groupe "étudiait avec attention" le texte, notant que "la prochaine phase est celle du ministère" auquel "il présentera son dossier en temps opportun".
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