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Lundi 24 Décembre 2007 à 00:00

Publicité: le ton monte entre Radio France et les médias privés

Le ton monte entre Radio France et les médias privés (radios nationales et presse écrite) qui redoutent une ouverture à leur détriment des radios publiques à la publicité commerciale.

Vendredi, Jean-Paul Cluzel, le président de Radio France (France Inter, France Info, France Bleu, France Musique, France Culture, FIP et Le Mouv') a adressé une lettre ouverte aux radios privées et à la presse dans laquelle il assure que l'accueil de marques commerciales dans ses plages publicitaires ne pourra en aucun cas perturber le marché. "Ce projet ne saurait avoir ni pour objet ni pour effet de perturber les marchés publicitaires", déclare-t-il.

Mécontent de la réglementation actuelle qui oblige Radio France à ne diffuser que la publicité de produits génériques ou de services publics, le groupe public demande à l'Etat que les annonceurs qui souhaitent recourir à ses services soient placés "sur un pied d'égalité", qu'ils soient privés ou publics. Le directeur général délégué de Radio France, Martin Ajdari, souligne l'incohérence de pouvoir faire de la publicité pour le TGV ou les trains Thalys (gérés par une entreprise publique), et non pas pour Air France, société privée.

Les radios privées et la presse, qui soulignent depuis des mois la raréfaction du marché publicitaire, de plus en plus sollicité par les nouveaux médias, s'inquiètent d'un éventuel manque à gagner si Radio France détourne à son profit une partie de leurs annonceurs. Ces derniers pourraient être intéressés par France Inter, deuxième des grandes radios généralistes en septembre-octobre, avec 8,5% de part d'audience, derrière RTL, mais devant Europe 1.

Premier à réagir, Alain Weill, PDG du groupe NextRadioTV, qui regroupe notamment la radio BFM et la radio RMC, a écrit au ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel pour protester. Selon lui, un assouplissement des règles de la publicité à Radio France "serait une saignée" pour les radios privées. La possibilité pour Radio France d'accéder à la publicité commerciale porterait gravement atteinte à l'équilibre du marché et au développement des opérateurs privés de radio, affirme M. Weill.

Il a rapidement obtenu le soutien des syndicats patronaux de radios représentant une douzaine de radios privées à diffusion nationale, et des syndicats patronaux de la presse écrite représentant plus de 70 titres de la presse hebdomadaire, quotidienne, nationale et régionale. Tous ces syndicats patronaux soulignent que le marché publicitaire est "la seule ressource des radios privées et une ressource vitale pour la presse" et demandent une concertation avec tous les médias concernés pour évaluer l'impact sur le marché publicitaire des dispositions actuellement à l'étude au gouvernement.

Pour sa défense, Radio France promet de réduire de 10 minutes par jour la durée maximale de publicité par antenne. Il s'attache à souligner que le chiffre d'affaires publicitaire du groupe ne représente que 45 millions d'euros, soit moins de 5% du marché publicitaire radio et 0,5% du marché "médias".

Selon le groupe public, la progression de ses recettes publicitaires tirée d'un assouplissement de la pub ne dépassera pas 1,3 million d'euros. Les radios privées et la presse affirment pour leur part que la disposition envisagée aura un impact de "plusieurs dizaines de millions d'euros en année pleine".
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