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Mercredi 9 Janvier 2008 à 00:00

Nicolas Sarkozy, un "téléprésident" tenté par un retour au verbe

Enfant de la télévision, Nicolas Sarkozy a bâti sa communication en utilisant au mieux les images en général et le petit écran en particulier, mais la machine se grippe depuis début décembre et le président semble opérer un retour "au verbe", estiment deux universitaires spécialistes des médias.

Depuis le début de son mandat, Nicolas Sarkozy "a communiqué très largement à partir du terrain. C'est en partant d'une expérience de terrain qu'il a pris plusieurs de ses mesures et décisions. Il est aussi dans l'accumulation de +temps présents+, qui se succèdent sans arrêt, une séquence remplaçant la précédente", souligne à l'AFP François Jost, professeur à la Sorbonne nouvelle.

"Il a compris qu'il n'y a pas de politique sans médiatisation de la politique" et "sa mise en scène de l'action se fait au travers de cartes postales", renchérit Denis Muzet, sociologue, et co-auteur avec M. Jost du livre "Le Téléprésident", un essai qui sort jeudi aux éditions de L'Aube. Les cartes postales ont très bien fonctionné, indique-t-il. "Il y a eu Nicolas Sarkozy chez Airbus, auprès du personnel des urgences de l'hôpital de Dunkerque, recevant le père d'un petit garçon violé par un récidiviste...".

Mais "les images douteuses" de l'épisode Kadhafi, aussitôt suivies de celles avec Carla Bruni dans des palaces au soleil, "ont eu beaucoup plus de mal à passer", note Denis Muzet. Le président a donc effectué "un recentrage sur une forme très classique: la conférence de presse à l'Elysée, sobre, sur le modèle des voeux de début janvier, avec un retour au verbe et une réthorique qui resitue la période actuelle dans l'histoire de France", ajoute le sociologue. Il parle de "civilisation, de durée, de vision", précise François Jost.

La communication de Nicolas Sarkozy, qui "reposait jusqu'à présent sur le geste visualisable", a trouvé ses limites, estime M. Jost. Lorsque Nicolas Sarkozy décide de ne pas raccompagner Kadhafi sur le perron de l'Elysée, "on ne peut pas montrer cela par une image". De même, "le pouvoir d'achat est quelque chose de totalement abstrait et il n'y a pas d'image pour montrer aux Français +je suis en train de faire un geste pour le pouvoir d'achat+", ajoute le professeur.

Mais M. Sarkozy n'a pas tout changé lors de sa prestation de mardi, notamment en évoquant ouvertement sa vie privée. "C'est le côté humain qu'il met constamment en avant", rappelle François Jost. Ainsi à propos de son divorce et de sa médiatisation, a-t-il de nouveau "évoqué sa souffrance personnelle, élément moteur dans son arrivée au pouvoir avec le +j'ai changé+ du discours de lancement de campagne du 14 janvier 2007.

De même, en affichant clairement sa relation avec Carla Bruni, le président a souhaité s'inscrire en "rupture" avec une "tradition déplorable de notre vie politique, l'hypocrisie, le mensonge". Mais "personne, y compris le législateur, n'a jamais considéré que la vie privée devait être transparente! Nicolas Sarkozy confond habilement la transparence des décisions de l'Etat et celle de la vie privée", estime François Jost.

La communication du président, que Denis Muzet compare à "une chanson de geste", ces longs poèmes épiques qui célébraient les exploits de souverains et héros guerriers, est "coproduite par l'Elysée ...et les médias", rappelle le sociologue. "C'est du récit en kit, facile d'emploi, avec un produit qui fait vendre".
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