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Jeudi 10 Janvier 2008 à 00:00

BBC télévision: le "phare du monde" a lui aussi ses zones d'ombre

La télévision publique britannique BBC, qui ne diffuse aucune publicité, passe pour un modèle de qualité souvent cité en exemple. Mais des scandales à répétition ont sérieusement fait pâlir ces dernières années le "Phare du monde".

"La Tantine" ("Auntie"), un autre de ses surnoms, fait partie des foyers britanniques depuis une soixantaine d'années (et depuis 1922 pour la radio). Plus grand organisme de radio-télévision publique au monde, elle ne diffuse aucune publicité, tirant la quasi-totalité de son financement de la redevance. Ce serait là la recette d'un service de qualité, mais cette image a été sérieusement écornée ces dernières années par des scandales qui ont choqué l'opinion.

Il y a d'abord eu "l'affaire Zircon", en 1986-87, quand la direction de la BBC décide de ne pas diffuser un documentaire révélant que le gouvernement avait caché au public le coût exorbitant du satellite espion Zircon.

En 2003, le journaliste Andrew Gilligan affirme que le Premier ministre Tony Blair a menti au Parlement en justifiant l'invasion de l'Irak par l'affirmation que Saddam Hussein pouvait déployer des armes de destruction massive en 45 minutes. "Des affirmations sans fondement", concluait un an plus tard une enquête indépendante. Le président et le directeur général de la BBC démissionnent.

En juillet 2007, la BBC était obligée de présenter des excuses à la reine elle-même. La chaîne avait diffusé des images "montrant" selon elle qu'Elizabeth II avait claqué la porte lors d'une séance de pose avec une photographe qui avait osé lui demander d'ôter sa couronne. En réalité, les images avaient été montées à l'envers: la monarque avait bien quitté la séance mais après la prise de vues.

Et tout récemment, en septembre 2007, l'émission pour enfants Blue Peter devait demander pardon à ses millions de téléspectateurs après avoir reconnu avoir truqué un vote téléphonique destiné à nommer un chaton. Ces scandales à répétition ont fait vaciller la BBC. "Ils prouvent que la BBC est aussi ordinaire que les autres chaînes", lance Richard D. North, auteur en janvier 2007 d'un livre au titre qui aurait jusque-là été jugé blasphématoire: "Mettons la BBC à la casse".

Le libre-penseur prône exactement l'inverse de ce que le président Nicolas Sarkozy envisage pour les chaînes publiques françaises. "J'aimerais que la BBC puisse diffuser de la publicité", explique-t-il à l'AFP. M. North préconise la "privatisation" du service et la fin d'un "système de financement rétrograde", en particulier en cette ère du numérique, qui exigera encore plus d'argent.

C'était également le virage numérique qui avait été évoqué à l'automne par la direction de la BBC pour justifier le lancement d'un vaste programme d'austérité, visant la réduction de 8% des effectifs (23.000 employés actuellement). M. North estime que les Britanniques n'en ont pas pour leur argent en versant chaque année trois milliards de livres (4,2 milliards d'euros) de redevance pour financer leur Auntie.

"L'Etat ne devrait pas être impliqué", estime M. North, qui en veut en particulier au journalisme de la BBC. "On demande à la BBC d'être impartiale mais en interdisant toute opinion aux journalistes, ils deviennent des dissidents: tous les politiciens sont ridicules, tout devient négatif", juge-t-il.

Le statut si spécial de la BBC "la place en position d'autorité" et lui donne "tellement de pouvoir" qu'elle est "terrifiée à l'idée d'avoir tort" et donc ne prend pas position, restant vague dans ses enquêtes, regrette Richard D. North. Mais le critique est obligé de le reconnaître: "Mes idées sont impopulaires. Les Britanniques admirent la BBC".
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