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Samedi 12 Janvier 2008 à 00:00

La suppression de la pub à France Télévisions suscite l'inquiétude des salariés

Le projet de supprimer la publicité à France Télévisions suscite de vives inquiétudes chez les 11 000 salariés du groupe public, qui, à l'instar d'autres acteurs du secteur, s'interrogent sur les solutions proposées pour compenser un manque à gagner de 800 millions d'euros.

Vendredi lors d'un comité de groupe, l'ensemble des syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, SNJ, CSA, SITR et SRCTA) a rejeté "unanimement" le projet du président Nicolas Sarkozy. Ils ont demandé au PDG Patrick de Carolis de s'opposer à ce qu'ils qualifient de "plan social présidentiel". Le comité a créé une commission économique et mandaté un expert pour "étudier toutes les conséquences" du projet.

La suppression de la publicité, qui devrait faire l'objet d'un projet de loi voté avant l'été, a fait selon eux "l'effet d'un tremblement de terre" et génère une "extrême inquiétude" chez les 11.000 salariés du groupe. Les premières craintes portent sur le sort des quelque 320 salariés de la régie publicitaire.

Au cours de la journée, Patrick de Carolis a rencontré des salariés de France Télévisions Publicité pour leur dire qu'il "prenait en compte leurs inquiétudes", mais "sans être en mesure de répondre à toutes les questions", a-t-on expliqué à la régie.

Selon le SNJ-CGT, le PDG a précisé, lors d'assemblées générales "assez mouvementées", avoir demandé aux filiales du groupe de "bloquer tout nouveau recrutement extérieur dans le but de pouvoir reclasser les salariés de la régie". Mais à France Télévisions Publicité, on fait valoir que la moitié des 320 salariés exercent un métier purement commercial et qu'il sera difficile de les reclasser.

Les syndicats s'interrogent également sur la compensation de la disparition de 800 millions d'euros de recettes publicitaires dans le budget, et sur un changement de périmètre de France Télévisions (France 2, France 3, France 4, France 5 et les chaînes de RFO), c'est-à-dire d'une privatisation d'une, voire de plusieurs chaînes, comme l'a suggéré le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian jeudi soir.

A l'issue d'un entretien avec le Premier ministre François Fillon jeudi, M. de Carolis avait affirmé que France Télévisions conserverait "la totalité de son périmètre actuel" et que la compensation serait "intégrale". "Pour nous ce ne sont en aucun cas des garanties", a néanmoins estimé le SNJ-CGT.

Les mesures de compensation évoquées - taxe appliquée sur les recettes publicitaires des chaînes privées et sur le chiffre d'affaires des nouveaux moyens de communication - reviendraient "à mettre en place des taxes à un niveau tellement élevé que la Commission de Bruxelles risque de les déclarer inapplicables", selon Dominique Pradalié (SNJ).

Les mesures envisagées laissent pour l'heure dans l'expectative les acteurs du marché publicitaire, de la téléphonie mobile et des fournisseurs d'accès internet, partagés sur l'annonce présidentielle, dans l'attente de précisions supplémentaires sur le projet. Elles suscitent par ailleurs l'inquiétude des scénaristes, réalisateurs et producteurs de fiction télévisée, attachés au rôle du service public dans la création.

"Supprimer la publicité à la télévision publique est sans doute possible mais la méthode proposée est irréaliste", estime dans un communiqué un collectif qui rassemble plusieurs organisations professionnelles dont le Syndicat des producteurs indépendants (SPI) et l'Union syndicale de la production audiovisuelle (USPA).

Ces derniers jugent "plus légitime" une hausse de la redevance. Selon le SNJ, M. de Carolis a été une nouvelle fois reçu vendredi à Matignon et au ministère de la Culture pour obtenir des précisions.
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