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Jeudi 24 Janvier 2008 à 00:00

Droits du foot: les opérateurs télécoms sur les platebandes des médias

Avec la candidature de SFR mais surtout d'Orange aux droits audiovisuels de la Ligue 1 de football pour 2008-2012, les opérateurs télécoms font un pas de plus vers les contenus, qu'ils en soient diffuseurs ou producteurs, et concurrencent directement les groupes de médias.

Orange (France Télécom) agit dans la continuité de sa stratégie: ces derniers mois, l'opérateur mobile et internet, qui a formé une division consacrée aux contenus, a amorcé un virage. Il a créé fin 2006 une filiale d'investissement dans les droits cinématographiques, Studio 37, avec l'ambition de coproduire dix à 15 films par an. Il a lancé en 2007 sa propre chaîne de télévision consacrée au sport, Orange Sports, diffusée sur mobile et ADSL.

Enfin, il est le seul opérateur, face à une dizaine de groupes audiovisuels, à postuler pour deux canaux de la télévision mobile personnelle. Selon Les Echos, l'opérateur aurait déposé des offres sur chacun des 12 lots proposés par la Ligue de football professionnel (LFP), incluant notamment les matches en prime time, le lot multiplexe et le lot mobile. Interrogé par l'AFP, Orange confirme avoir déposé un dossier mais pas le nombre d'offres.

En 2006, il n'avait postulé que pour le lot mobile qu'il avait d'ailleurs remporté, mais le découpage en quatre lots seulement avait laissé hors de sa portée les plus gros. Selon une porte-parole, Orange "a besoin de contenus pour valoriser ses réseaux", mobiles ou internet. Une manière pour les opérateurs de compenser les baisses de tarifs des communications car, s'il ne sert qu'à téléphoner, le mobile n'est désormais plus rentable.

D'où leur intérêt à inciter les clients à télécharger de la musique ou regarder des vidéos sur leur téléphone portable. C'est aussi une stratégie défensive, alors que de nombreux acteurs de l'internet et de l'informatique comme Yahoo, Microsoft, Apple ou Google empiètent sur leur terrain en créant des applications sur mobile, voire des téléphones. "Les différentes couches, entre producteurs de contenus, diffuseurs et réseaux, se mélangent et entrent en compétition autour du client final", observait récemment le PDG de France Télécom, Didier Lombard.

Une riposte qui réjouit les analystes: CM-CIC estime, dans une note à ses clients, que "cette approche est positive" car elle permet "l'enrichissement des contenus". De son côté, selon l'Equipe, SFR s'est porté candidat pour la vidéo à la demande et les droits mobiles, via sa maison mère Vivendi. SFR ne confirme pas officiellement. Le deuxième opérateur français se veut plus discret, mais s'aventure lui aussi du côté des contenus: pendant le Mondial de football en 2006, dont il était partenaire, il avait envoyé ses propres équipes de production au sein des Bleus et co-produit des programmes créés pour le mobile.

Mais cela reste exceptionnel, assure SFR: "notre métier n'est pas d'être producteur de contenus, mais agrégateur de ces contenus, même si ponctuellement, on peut co-produire certains événements", explique une porte-parole. L'opérateur mise beaucoup sur la musique, notamment en diffusant des concerts et en accompagnant de jeunes artistes.

SFR et Orange se lancent aussi dans une politique d'achats de droits, de quoi là aussi agacer les groupes de médias: dans la musique, pour lancer des albums en avant-première sur les mobiles de leurs clients, ou dans le cinéma, pour proposer des catalogues de films toujours plus complets de vidéo à la demande. Seul à rester en dehors des médias: Bouygues Telecom, troisième opérateur, qui a toujours refusé d'entrer dans une stratégie de contenus.
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