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Samedi 26 Janvier 2008 à 00:00

Les créateurs audiovisuels inquiets de la fin de la pub à la télé publique

Les créateurs français de programmes audiovisuels ont exprimé la crainte d'un tarissement de leurs ressources si la publicité disparaît des chaînes de télévision publique, comme envisagé par le gouvernement.

"Nous ne sommes pas du tout sereins, nous sommes inquiets", a déclaré Jacques Peskine, délégué général de l'USPA, l'une des principales organisations des producteurs de programmes audiovisuels, lors d'une table ronde réunissant les principaux acteurs du secteur, à Biarritz dans le cadre du 21e Festival international des programmes audiovisuels.

Il y a "des risques énormes que le Parlement vote facilement la suppression de la publicité, mais pas les recettes compensatoires" a-t-il estimé devant une centaine de réalisateurs et de producteurs. La loi oblige les chaînes publiques et privées à consacrer 16% de leurs revenus à la création d'"oeuvres patrimoniales", c'est-à-dire françaises ou européennes.

Le gouvernement doit déposer cette année une loi qui supprimerait la publicité à la télévision publique et qui entrerait en application en 2009. Il a promis de compenser intégralement le manque à gagner, et de façon dynamique, c'est à dire en tenant compte de la progression à venir du marché publicitaire.

Plusieurs pistes sont pour cela à l'étude: taxe sur les surplus de recettes des chaînes privées, taxe sur les appareils permettant de recevoir la télévision, sur les opérateurs de téléphonie mobile et les fournisseurs d'accès à internet, maintien des recettes de parrainage, maintien de la publicité pour le groupe RFO qui gère les chaînes destinées aux départements et territoires d'outre-mer.

Patrice Duhamel, directeur général de France Télévisions, a confirmé que la perte des recettes publicitaires coûtera "plus d'un milliard d'euros" au groupe public. Il s'attend à une "moins-value" des recettes publicitaires dès 2008, mais il assure que le budget prévu pour 2008 sera "intégralement" appliqué. La publicité représente 30% des recettes du groupe et même 40% pour France 2.

En outre France Télévisions devra produire des programmes pour remplacer les écrans publicitaires (six heures par jour du lundi au vendredi, cinq le samedi et le dimanche). Patrice Duhamel n'en a pas moins annoncé une "augmentation significative" des quotas d'oeuvres patrimoniales dans les programmes de France Télévisions, sans vouloir donner de chiffre précis. Les chaînes de l'audiovisuel public sont tenues de diffuser un minimum de 70% d'oeuvres d'origine européenne, et, à l'intérieur de ce quota, un minimum de 40% d'oeuvres d'origine française.

Président de la SCAM (Société civile des auteurs multimédia), Guy Seligman a estimé pour sa part que le président Sarkozy s'était livré à un "jeu de bonneteau" en multipliant les pistes de réforme pour l'audiovisuel public ces derniers mois.

La perspective d'une suppression de la publicité sur les chaînes publiques a eu pour effet de suspendre temporairement les travaux menés par le directeur de France Culture David Kessler et l'ancien député Dominique Richard pour redéfinir le rapport producteurs-diffuseurs, en attendant de mieux connaître les nouveaux modes de financement de l'audiovisuel public.

La SCAM considère que toute réforme qui ne génèrerait pas plus d'un milliard d'euros doit être considéré comme "une volonté de détruire le service public".
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