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Mercredi 13 Février 2008 à 00:00

Les scénaristes américains mettent fin à une grève de plus de trois mois

Les scénaristes de télévision et de cinéma américains se sont prononcés à une écrasante majorité mardi en faveur de la fin d'une coûteuse grève de plus de trois mois, qui a empêché le tournage de dizaines de feuilletons et de films.

"La grève est finie", a déclaré le président de la branche de la côte ouest du syndicat Writers Guild of America (WGA), Patric Verrone, à l'issue d'un vote à bulletins secrets à New York et Los Angeles. Selon lui, 92,5% des votants ont donné leur accord à la fin du mouvement social. Cette consultation dont l'issue ne faisait guère de doute intervenait deux jours après que la direction de la WGA eut soutenu à l'unanimité un protocole d'accord avec l'AMPTP, le syndicat des producteurs, sur les termes d'un nouveau contrat triennal.

"C'est un jour de soulagement et d'optimisme pour tout le monde dans l'industrie du divertissement. Nous pouvons maintenant recommencer à travailler", ont réagi les présidents de grands studios fédérés par l'AMPTP, dans un communiqué de l'organisation. Les quelque 12.000 membres de la WGA s'étaient mis en grève le 5 novembre pour réclamer un contrat tenant davantage compte de l'exploitation de leur travail sur de nouveaux supports, comme les baladeurs numériques et l'internet.

La dureté du mouvement s'expliquait par la volonté des scénaristes de ne pas rééditer l'erreur d'un précédent contrat sur les cassettes vidéo qui leur était selon eux très défavorable. Ce nouveau contrat prévoit de doubler la part des droits d'auteur leur revenant pour les films et les feuilletons vendus sur la Toile. Selon le professeur à l'université de Californie du sud (USC) et spécialiste de l'industrie du cinéma Jason Squire, le contrat obtenu par la WGA constitue une réussite pour l'organisation professionnelle.

"Etablir le principe que la WGA peut bénéficier de l'internet et des nouveaux médias est un pas en avant historique", a-t-il dit à l'AFP, soulignant que ce texte anticipait le développement exponentiel de la consommation de contenus à la demande. Mais à court terme, la grève a eu des effets dévastateurs sur l'industrie audiovisuelle américaine. Plus de 60 séries télévisées ont vu leur tournage suspendu, dont "Desperate Housewives" et "24 heures chrono".

Côté 7e art, les tournages des films "Anges et démons" avec Tom Hanks, "Pinkville" d'Oliver Stone et "Shantaram" de Mira Nair avec Johnny Depp ont notamment été retardés. De nombreuses professions des "petites mains" de Hollywood ont été touchées de plein fouet par le mouvement. La Société pour le développement économique de Los Angeles a chiffré le coût de la grève à 2 milliards de dollars, dont 1,3 perdu par des secteurs aussi divers que les traiteurs, les hôteliers et les chauffeurs de limousines.

Les studios, qui ont dû céder du terrain face à la WGA après avoir affirmé que les nouveaux médias n'étaient pas encore rentables, ont amorti en partie le coût de la grève en licenciant des centaines de personnes pour "force majeure". La fin de la grève sauve en tout cas in extremis les Oscars du 24 février, alors que les Golden Globes du 13 janvier avaient été torpillés par le mouvement social.

Le président de l'Académie des arts et des sciences du cinéma, qui organise la prestigieuse cérémonie hollywoodienne, a lui aussi fait part de son soulagement mardi soir. "Je suis soulagé de voir que les hommes et les femmes de l'industrie du divertissement vont recommencer à travailler et suis ravi que la cérémonie des 80e Oscars puisse se dérouler" comme prévu, a affirmé Sid Ganis.
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