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Jeudi 14 Février 2008 à 00:00

Henri Salvador: fini de rire

Le crooner à la voix de velours et aux éclats de rire mémorables a quitté la scène.

Auteur, compositeur et chanteur qui savait manier la poésie autant que l'humour, Henri Salvador est décédé mercredi matin, après 60 ans d'une carrière solo jamais entamée par l'assaut des modes et du temps. Le chanteur à l'éternel complet blanc et à l'inusable joie de vivre a été victime d'une rupture d'anévrisme, vers 10h30 à son domicile parisien de la place Vendôme, a-t-on appris auprès de sa maison de disques Polydor.

"Maladie d'amour", "Jardin d'hiver", "Syracuse", "Une chanson douce" ont donc perdu leur interprète, qui avait récemment décidé de quitter la scène. "Je suis le seul qui peut tirer sa révérence encore vivant", avait-il lancé avant son dernier concert parisien en décembre dernier. Il devait encore se produire le 12 avril à La Défense dans le cadre du festival Chorus des hauts-de-Seine. Henri Salvador n'avait pas abandonné la musique et il travaillait à la préparation d'un dernier album, qu'il pensait enregistrer cette année.

"J'ai encore ma voix", avait-il confié à l'Associated Press en juillet dernier. "Autant m'en servir. Si je peux encore offrir quelques belles chansons aux Français, ce serait merveilleux". La liste de ses succès est pourtant presque interminable. "Le lion est mort ce soir", "Syracuse" ou "Le loup, la biche et le chevalier" témoignent de sa patte empreinte de poésie et de nostalgie, d'humour caustique aussi, mêlant blues, rock ou biguine ("Blouse du dentiste", "Rock and roll mops", "Faut rigoler" ou "Zorro est arrivé").

Son répertoire va des titres pour enfants, aux chansons "commerciales", "pour manger", et jusqu'aux inoubliables succès intemporels, comme "Chambre avec vue". La chanson-titre de l'album de son retour en 2000, lui avait valu la reconnaissance tardive de ses pairs par le biais de deux Victoires de la musique. Au total, quelque 950 titres écrits et/ou composés par Salvador ont été déposés à la Sacem, la société de gestion collective du droit d'auteur pour la musique.

Mais "j'en ai 2 ou 3.000 qui dorment à la maison", affirmait cet infatigable travailleur, qui composait ses mélodies au "synthétiseur" dans son studio. Doyen de la chanson française, ce fils d'un père guadeloupéen d'origine espagnole et d'une mère d'origine amérindienne avait débarqué à Paris l'année de ses sept ans, venu de sa Guyane natale. L'écoute de Duke Ellington et de Louis Armstrong à l'adolescence a "transformé" sa vie et c'est par le jazz qu'il commence sa carrière, après avoir appris la guitare seul. D'abord accompagnateur de musiciens -dont Django Reinhardt-, il a rejoint Ray Ventura et son orchestre, avant d'emprunter la voie du succès en solo en 1947.


Il rencontre le succès dès son premier disque avec les chansons "Clopin-clopant" et "Maladie d'amour". Salvador a toujours été accompagné du meilleur de l'air du temps: il a travaillé avec Boris Vian, avec qui il a écrit 200 chansons, côtoyé Sacha Distel ou Gilberto Gil. Plus récemment, il avait collaboré avec Laurent Voulzy, Benjamin Biolay, Keren Ann ou les Pink Martini, qui ont repris "Syracuse". En 1957, il a notamment composé "Dans mon île", qui aurait inspiré Carlos Antonio Jobim pour créer la bossa nova.

Jobim "a dit: 'mais c'est ça, voilà ce qui faut faire: il faut ralentir la samba, faire de belles mélodies et de beaux accords"', racontait Salvador, "j'en revenais pas". L'homme, qui a aussi été un grand "showman" de la télévision, affirmait ne pas ressentir le poids des ans. Tout juste avouait-il avoir été "fatigué" par une pneumonie après la sortie de "Révérence", son dernier album enregistré en grande partie au Brésil, "merveille de pays", et paru à l'automne 2006.

L'artiste, qui se réfugiait souvent derrière le paravent de l'humour et de ses grands éclats de rire, cachait une vraie sensibilité. En octobre, il avait laissé échapper des pleurs sur la scène de la salle Pleyel. "Je trouve que c'est une faiblesse pour un artiste. Je m'en suis voulu", avait commenté l'artiste. "J'ai réalisé que c'était une des dernière fois que je voyais mon public". Henri Salvador affirmait mener une "vie extrêmement simple" au côté de sa seconde épouse, Catherine Costa.

"Je ne suis pas un people, on ne me voit pas partout", disait-il, "je suis satisfait de ma petite vie". Une vie saine ("je n'ai pas bu, je ne me suis pas drogué, je n'ai pas fumé"), marquée par le travail et quelques parties de boules provençales, un sport dont il était spécialiste.
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