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Mercredi 20 Février 2008 à 00:00

La commission pour une "nouvelle télévision publique"

Nicolas Sarkozy, qui a mis en place mardi la commission pour une "nouvelle télévision publique", a dévoilé sa feuille de route pour en faire un média "populaire" libéré de la "tyrannie de l'audience", d'où la publicité devra disparaître en 2009, totalement ou progressivement. En installant à l'Elysée le nouvel organe présidé par le patron du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, le président a défendu "une des plus importantes réformes" de son mandat, dont la gauche avait selon lui "rêvé".
Une semaine après une grève massive des salariés de l'audiovisuel public, M. Sarkozy a donné à France Télévisions des garanties sur les conséquences de la suppression de la publicité, annoncée brutalement le 8 janvier.
Il a promis que "chaque euro de recette publicitaire" serait "compensé par un euro de ressource publique en 2009, mais aussi dès 2008" via une "dotation en capital" dont le montant n'a pas été précisé. Le manque à gagner est estimé par le groupe public à 1,2 milliard d'euros.
M. Sarkozy a répété qu'"aucune chaîne" de France Télévisions (France 2, France 3, France 4, France 5 et RFO) ne serait privatisée. Il a proposé que la fin de la publicité soit programmée pour 2009, selon une méthode àchoisir: suppression totale dès le 1er janvier 2009, ou de manière progressive, en commençant par supprimer la publicité après 20H00. Jean-François Téaldi, porte-parole de l'intersyndicale de l'audiovisuel public, a estimé que ces annonces allaient "dans le bon sens", tout en émettant des réserves sur le financement. Il y a en effet "un désaccord sur le montant du manque à gagner", estimé, selon les syndicats ou les entreprises
concernées, à 1,2 md pour France Télévisions, 45 millions pour Radio France, 8 millions pour RFI.
La commission, composée de parlementaires de divers horizons (mais boudée par le PS) ainsi que de professionnels, devra rendre ses travaux avant le 31 mai. La première réunion se tiendra le 27 février, jour d'un conseil d'administration extraordinaire de France Télévisions.
Affirmant qu'il ne s'agissait pas d'un "débat exclusivement comptable", le chef de l'Etat a esquissé les contours d'une "télévision du service public du XXIe siècle" dont il veut faire un "grand outil de culture populaire".
"La culture est présente à l'antenne quand les Français dorment ou sont en vacances", a-t-il jugé, en saluant néanmoins le virage éditorial pris par France Télévisions, comme le théâtre en direct ou l'adaptation de Maupassant. Mais ces efforts "risquent de s'essouffler" tant que les chaînes publiques seront soumises à la "tyrannie de l'audience au quoditien", qui les expose, entre autres, au "rouleau compresseur des séries américaines".
Si le service public ne "doit pas être du pain et des jeux", il ne s'agit pas pour autant de "renoncer aux objectifs d'audience", selon M. Sarkozy, qui a rendu hommage à plusieurs reprises aux premiers dirigeants de la télévision publique.
La commission devra trouver un "panachage des ressources" pour compenser le manque à gagner publicitaire: contribution des chaînes privées qui bénéficieront du report des recettes, ainsi que des opérateurs télécoms "au taux le plus faible".
La radio privée et la presse ne seront en revanche pas taxées, pour les aider à "passer le cap de la révolution numérique", a-t-il assuré.
M. Sarkozy, qui n'a pas parlé de la redevance, a donné des assurances aux chaînes privées, qui devraient notamment profiter de la réforme des décrets Tasca régissant les rapports producteurs/diffuseurs.
Les chaînes privées peuvent aussi espérer un assouplissement dès le premier semestre 2008 de leurs "contraintes publicitaires" grâce à la transposition de la directive européenne "service de médias audiovisuels".

Voici la composition de la commission "pour la nouvelle télévision publique", installée par Nicolas Sarkozy:

- Président: Jean-François Copé (député UMP)

- Rapporteur: nommé dans les prochains jours

- Collège parlementaire:
+ Députés: Franck Riester (UMP), Michel Herbillon (UMP), Christian Kert
(UMP), Patrice Martin-Lalande (UMP), Gilles Carrez (UMP), Jean Dionis du
Séjour (NC)
+ Sénateurs: Catherine Morin Desailly (groupe centriste), Louis de
Broissia (UMP), Jacques Valade (UMP), Ivan Renar (communiste), Jack Ralite
(communiste)

- Collège professionnel:
Sophie Deschamps (scénariste), Véronique Cayla (directrice générale du
Centre national de la cinématographie), Marin Karmitz (producteur et
distributeur), Hervé Chabalier (journaliste et producteur), Jacques Chancel
(producteur), Simone Harari (productrice), Marie Masmonteil (productrice),
Nicolas Traube (producteur), Pierre Giacometti (consultant), René Martin
(producteur), Catherine Clément (philosophe), Martin Rogard (directeur France
de Dailymotion), Marcel Rufo (pédopsychologue), Jacques Santamaria
(scénariste), Laurence Franceschini (directrice du développement des médias au
ministère de la Culture), un représentant de l'audiovisuel public britannique
(à désigner).
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