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Jeudi 21 Février 2008 à 00:00

L'audiovisuel extérieur français a un patron mais le projet fait des vagues

Le président Sarkozy a choisi mercredi le patron de France 24, Alain de Pouzilhac, pour chapeauter l'audiovisuel extérieur français, malgré les protestations des partenaires francophones de Paris, inquiets de voir privilégiée "la voix de la France" dans ce nouvel ensemble. La journaliste Christine Ockrent, compagne du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, devrait être nommée directrice générale, un choix également vivement critiqué par les syndicats, qui y voient une menace pour la "crédibilité" de la nouvelle holding. A l'initiative de cette réforme, le président de la République a chargé M. de Pouzilhac de "préparer la constitution d'une société holding dénommée France Monde, destinée à réunir les participations de l'Etat dans RFI (Radio France Internationale), TV5Monde et France 24". Les trois sociétés ont des structures de capital variées, ainsi que des tutelles et des sources de financement différentes. Elles emploient au total environ 1.800 salariés. France Monde devra "moderniser et dynamiser l'audiovisuel extérieur public français et francophone", et son président devra définir "un plan opérationnel assorti d'un plan d'affaires (2009-2013)", a précisé l'Elysée. M. de Pouzilhac a promis d'"aller à la rencontre" de tous les partenaires concernés et assuré que les trois sociétés "garderont leur marque". Le président de la Télévision suisse romande (TSR) Gilles Marchand a réagi en indiquant que s'il s'agissait pour France Monde de "coiffer TV5Monde", "les partenaires n'avaient été aucunement associés" à un tel projet. Depuis qu'il est évoqué, le projet de France Monde a suscité les critiques des partenaires de TV5Monde en Belgique, en Suisse, au Canada, au Québec et à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Ces partenaires doivent se réunir à Ottawa vendredi et samedi. La Belgique et la TSR sont allées jusqu'à menacer de se retirer de la chaîne, redoutant que le projet français fasse perdre à TV5Monde sa spécificité et que la chaîne devienne "la voix de la France". Sans doute soucieux d'apaiser ces craintes, l'Elysée a assuré que "le caractère multilatéral (de TV5Monde) serait préservé". Financée à environ 80% par la France, TV5 est atypique dans le paysage audiovisuel, bénéficiant de programmes de tous les partenaires francophones qui partagent également le pouvoir de décision. Le projet de holding et le choix du tandem Pouzilhac-Ockrent provoque aussi des remous en France. Les comités d'entreprise et les intersyndicales de RFI et TV5Monde ont dénoncé un "passage en force", une "attitude unilatérale et +monarchiste+ du palais de l'Elysée qui ne prend en compte ni les partenaires francophones de TV5, ni les directions, ni l'auditoire des deux entreprises concernées". Pour la CFDT-Médias, la position de M. de Pouzilhac à France 24 "le rend juge et partie", et "Christine Ockrent ne saurait être un dirigeant d'un service public de l'audiovisuel placé sous la tutelle de son compagnon". Le choix de la journaliste "pose un gros problème d'image et de crédibilité du contenu de cet audiovisuel extérieur", juge Alain Girard, du SNJ, qui s'inquiète d'un "conflit d'intérêt". La SDJ de RFI craint, elle aussi, pour la "crédibilité" de la station. Le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez avait répondu par avance à ces critiques, jugeant "étonnant qu'on réduise l'ampleur du rôle et de sa compétence professionnelle à la question de savoir de qui elle est la femme".
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