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Vendredi 22 Février 2008 à 00:00

La future "France Monde" crée un malaise à RFI et TV5Monde

La nomination d'Alain de Pouzilhac à la tête de "France Monde" crée un malaise dans les rédactions de RFI et TV5Monde, tandis que la numéro 2 de la future holding, Christine Ockrent, a jugé "humiliant" d'être "ramenée au statut de +femme de+" Bernard Kouchner.

Dès l'annonce du tandem par l'Elysée mercredi soir, le choix de la journaliste, dont le chef de la diplomatie française est le compagnon, a été dénoncé par les syndicats qui y voient une "atteinte à la crédibilité" de l'audiovisuel extérieur public français. Christine Ockrent a répondu jeudi, jugeant "injuste et humiliant" le fait "d'être périodiquement ramenée à ce statut de +femme de+". "J'attends le moment où on dira +l'homme de+ et où on demandera à +l'homme de+ de sacrifier son identité, ses compétences, son parcours pour faire des bouquets de fleurs", a commenté la journaliste sur RTL.

Mais au-delà du "symbole" Ockrent, c'est la désignation d'Alain de Pouzilhac, patron de France 24, qui pose problème au rédactions de Radio France Internationale (RFI) et de TV5Monde. "Ockrent, c'est l'arbre qui cache la forêt Pouzilhac", a résumé Carole Petit, déléguée SNJ de l'audiovisuel public. Alain de Pouzilhac a été chargé par le président Nicolas Sarkozy de "préparer la constitution" d'une holding destinée à réunir les participations de l'Etat dans RFI, TV5Monde et France 24, trois sociétés aux structures de capital, aux tutelles et aux sources de financement différentes.

"Pouzilhac est à la fois juge et partie puisqu'il dirige l'une des trois entités. Il ne peut pas rester à la tête de France 24 et constituer la holding en même temps: il y a un conflit d'intérêt", a estimé Raphaël Reynes, délégué CFDT à RFI. Lors d'assemblées générales, les salariés de RFI et de TV5Monde sont venus exprimer leur "malaise" au lendemain de cette nomination, vécue par beaucoup comme le "fait du prince". Les intersyndicales ont demandé à être reçues "d'urgence" par Nicolas Sarkozy, avertissant qu'elle ne "deviendront pas la voix de la France".

Les syndicats ont indiqué qu'ils étaient prêts à aller en justice, "y compris devant le Conseil d'Etat", pour attaquer la nomination. Les salariés de ces deux entités redoutent de perdre leur spécificité via une "main mise" de France 24, dont le modèle est totalement différent. Les salariés de la chaîne internationale, moitié publique, moitié privée (elle est détenue à parité par France Télévisions et TF1) n'ont pas la même convention collective.

Créée en 2006, France 24 "ne diffuse que dans des langues les plus parlées, alors que RFI diffuse en albanais, en cambodgien, en laotien. On veut garder cette diversité", explique pour sa part Gilles Chevreu, de FO. Les syndicats craignent également des "synergies" entre les trois entités, un "démantèlement" à terme de la radio, ou des suppressions d'emplois. Le porte-parole de l'Elysée David Martinon a précisé que France Monde ne dépendra plus du ministère des Affaires étrangères, mais de Matignon.

"Dépendre du Premier ministre, c'est passer sous une tutelle politique. Notre station perdrait sa spécificité internationale et ses garanties d'indépendance", a estimé M. Reynes. Chez les actionnaires francophones de TV5Monde, le ton était en revanche plutôt à l'apaisement, avant une réunion vendredi et samedi à Ottawa. La Communauté française de Belgique a estimé "rassurante" la volonté de "concertation approfondie" affichée par Paris, même si elle n'a pas été associée à la nomination des dirigeants de la future France Monde.
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