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Dimanche 2 Mars 2008 à 00:00

Nazisme: un téléfilm événement retrace le drame du "Titanic" allemand

Un téléfilm retraçant la mort de 9 000 personnes lors d'un naufrage en mer Baltique en 1945 était promis dimanche à une large audience à la télévision allemande, comme plusieurs fictions ayant récemment abordé la Seconde guerre mondiale du point de vue des victimes allemandes.

Dix millions d'euros de budget, 500 figurants, des scènes spectaculaires tournées dans un bassin de 22 millions de litres d'eau: "Le Gustloff", de Joseph Vilsmaier, que la chancelière Angela Merkel a vu en janvier lors d'une avant-première très médiatisée, a tout pour faire un "carton" d'audience, lors de sa diffusion en deux parties dimanche et lundi sur la chaîne publique ZDF. Toute la semaine, l'ensemble de la presse a consacré des pages entières, voire des dossiers complets, à ce "Titanic" allemand, torpillé par les Soviétiques le 30 janvier 1945, un drame qui fit six fois plus de morts que le célèbre naufrage de 1912.

Le film, réalisé sans grande originalité, mais romanesque et spectaculaire à souhait, relate l'histoire de ces milliers d'Allemands désespérés, chassés de Prusse orientale par l'avancée de l'Armée rouge, et qui avaient mis tous leurs espoirs dans le "Gustloff", un majestueux paquebot qui devait les emmener de Gotenhafen (aujourd'hui Gdynia, près de Gdansk, en Pologne) à Kiel, à 700 km plus à l'Ouest sur la Baltique. Rempli à ras-bord de réfugiés transis de froid - en majorité des femmes et des enfants - et d'un millier de soldats, le navire de 208 mètres de long est torpillé huit heures après son départ par un sous-marin soviétique, et coule rapidement. Faute de canots de sauvetage en nombre suffisant, l'immense majorité des passagers périssent dans l'eau glacée.

Largement oubliée pendant des décennies, cette catastrophe avait été rappelée à la mémoire collective des Allemands en 2002 par le prix Nobel de littérature Günter Grass, dans son roman "En crabe". Or, alors que cette mémoire collective est longtemps restée comme bloquée sur le souvenir des crimes nazis, la télévision publique allemande a produit ces dernières années plusieurs fresques évoquant les souffrances des Allemands lors de la période 1939-1945.

En 2006, le film "Dresde" relatait ainsi les terribles bombardements de cette ville par l'aviation alliée en février 1945. L'an dernier, avec "En fuite" - également diffusé à l'époque en France grâce à Arte -, dix millions de téléspectateurs s'étaient émus du destin des "expulsés", ces populations civiles allemandes chassées d'Europe de l'Est à la fin de la guerre. Ces films, conçus pour rester le plus consensuels possible, ne se veulent pas porteurs d'un quelconque esprit de revanche: "Le Gustloff" ne pointe pas du doigt la cruauté des lance-torpilles soviétiques, mais s'apesantit au contraire sur le cynisme des officiers nazis, qui recrutent les adolescents comme enfants-soldats et se désintéressent du sort des civils.

Les producteurs du film assurent avoir voulu réaliser une oeuvre "anti-guerre". La tragédie du Gustloff "a été provoquée par les Allemands eux-mêmes", car la torpille soviétique n'en a été que le "déclencheur", explique ainsi l'auteur du scénario, Rainer Berg, qui veut voir dans le naufrage du navire "une métaphore de la chute du pouvoir nazi". Ce drame "montre là où nous a menés la rupture avec la civilisation qu'a constituée l'ère nazie", a commenté de son côté Uwe-Karsten Heye, ancien porte-parole du chancelier Gerhard Schröder, qui a fui Danzig avec sa mère en 1945, et a bien failli compter parmi les victimes du naufrage.

Sans le nazisme, "il n'y aurait eu ni fuite, ni expulsion" des populations civiles allemandes, a-t-il rappelé.
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