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Mercredi 21 Février 2001 à 00:00

CanalWeb fait le pari risqué de l'internet payant

Pionnier de la télévision sur internet, CanalWeb, qui propose aujourd'hui ses programmes gratuitement sur le réseau, fait désormais le pari risqué de l'internet payant, faute de revenus publicitaires suffisants.

Malgré une grosse levée de fonds en mai 2000 (130 MF), la chaîne 100 % web créée en 1998 par Jacques Rosselin, est aujourd'hui loin d'être rentable et draine une audience confidentielle (quelque 400.000 visiteurs mensuels).

Du coup, les annonceurs restent frileux. En proposant progressivement un accès payant aux programmes de CanalWeb, M. Rosselin veut imposer un modèle économique inspiré de la télévision numérique par satellite, comme TPS ou CanalSatellite, et conquérir le grand public. Reste que le pari est risqué. "Alors que 85 % des internautes se connectent en bas débit (avec un simple modem et une ligne téléphonique), il parait difficile pour l'instant de les faire payer", a reconnu mardi M. Rosselin, lors d'une conférence de presse. "Il faut voir comment le haut débit se développe en France", a-t-il ajouté.

Difficile en effet pour l'internaute de mettre la main au porte-monnaie quand il doit se contenter sur internet d'une image floue et saccadée, au format d'un timbre poste. "En avril, tout le site canalweb.net, aujourd'hui en accès libre, sera sur abonnement", a précisé le PDG. "Nous commencerons par l'abonnement gratuit puis nous testerons différentes offres au deuxième et troisième trimestre 2001", a-t-il ajouté, sans préciser le montant de l'abonnement payant.

CanalWeb pourrait faire payer dans un premier temps des événements ponctuels, qui drainent de l'audience, comme le championnat du monde d'échecs, déjà diffusé sur la cybertélé. Pour appuyer sa nouvelle stratégie grand public, CanalWeb vient de lancer un nouveau logiciel, baptisé Canalweblite, téléchargable gratuitement et développé avec la société bretonne WestCast Systems.

L'objectif de ce "décodeur virtuel" encore surnommé "zappette" est de simplifier la télévision sur internet, assure M. Rosselin. Conçu pour le grand public, ce logiciel permet surtout de personnaliser sa webtélé, en sélectionnant ses programmes préférés, d'être prévenu à l'écran d'une émission de CanalWeb qui va commencer et d'accéder à des services interactifs associés.

Cet outil de fidélisation et de marketing, qui a coûté 2 MF, est pour nous "une révolution", s'enflamme M. Rosselin. "C'est notre cheval de Troie dans notre statégie de conquête de l'abonné", s'exclame-t-il. "Plus il y aura d'internautes qui se connecteront, plus on pourra engranger un nombre de fichiers abonnés intérressants et récolter de la publicité".

CanalWeb "vise 1 million d'abonnés d'ici 5 ans", assure M. Rosselin. "Les abonnements payants ne marcheront qu'avec la généralisation en France du haut débit, qui ne touche actuellement que 300.000 personnes à domicile", rétorque François Nivière, cofondateur de la webtélé Nouvo.com, interrogé par l'AFP. "On croit au modèle payant mais avec de vraies promesses et de vrais services pour les abonnés, des films, des dessins animés et des courts métrages à télécharger", assure le dirigeant de Nouvo.com, axée sur le divertissement, actuellement en difficulté financière.

Le patron de CanalWeb mise lui sur son catalogue de programmes, avec ses 100 à 150 émissions hebdomadaires en direct (allant des échecs, à la salsa, en passant par les courses ou les jeux vidéo) et plus de 5.000 heures d'émissions archivées accessibles à la demande.
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