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Dimanche 18 Mai 2008 à 00:00

Les médias libanais, des armes aux mains des deux camps rivaux

Les médias libanais, utilisés comme des armes par les deux camps rivaux, se sont retrouvés en première ligne lors des récentes violences entre militants de l'opposition et de la majorité.

Au Liban, la plupart des journaux et des chaînes de radio et télévision sont liés ou appartiennent à des partis politiques, avec pour risque une couverture partiale des événements malgré la diversité des points de vue exprimés. En annonçant jeudi l'accord conclu à Beyrouth en vue d'une sortie de crise, le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad Ben Jassem al-Thani, a averti les médias qu'il était de leur devoir de "calmer les esprits plutôt que de susciter une escalade".

"Les médias sont partie prenante du conflit politique dans ce pays", relève Naseer al-Asaad, analyste au quotidien pro-gouvernemental Al-Mustaqbal, fermé après des menaces du Hezbollah, le puissant parti chiite d'opposition, pendant ces violences qui ont fait 65 morts et 200 blessés. "L'objectivité professionnelle" est devenue rare, souligne M. al-Asaad. Al-Mustaqbal, la Télévision du Futur (Future TV) et Radio Orient sont tous trois la propriété de Saad Hariri, musulman sunnite chef de la majorité parlementaire.

En s'en prenant aux médias, le Hezbollah s'est attiré de vives critiques, y compris de journaux pro-opposition. "Nous devons condamner les attaques injustifiées et inacceptables contre certains médias", écrivait le rédacteur en chef du quotidien As-Safir, Talal Salman. Après la fermeture des médias de la famille Hariri, Sahar Khatib, qui anime une émission d'actualité sur Future TV, est intervenue sur une autre chaîne pour lancer un vibrant appel.

"Vous ne pouvez pas étouffer cette voix sacrée. Qui représente notre voix à présent?" "Nous sommes de retour et la parole est notre arme", a lancé le présentateur du journal lorsque Future TV a recommencé à émettre mardi. La guerre des médias a d'ailleurs fait rage des deux côtés lors des affrontements qui, après Beyrouth, ont gagné Tripoli, dans le nord. Dans cette grande ville à prédominance sunnite, des opérateurs du câble ont cessé de diffuser Al-Manar, la télévision du Hezbollah.

Shaza, 50 ans, raconte qu'elle a téléphoné à son opérateur pour protester. "Je veux savoir ce qu'ils disent, que je les aime ou pas", a-t-elle expliqué. "Ils m'ont répondu qu'ils préféraient que je donne mon argent à quelqu'un d'autre plutôt que de réémettre". "Ce n'est pas nous qui avons pris la décision", assure un employé de la compagnie Cable al-Madina. "Ce sont eux, en fermant Future TV. Nous avons rétabli Al-Manar quand Future TV a recommencé à émettre".

"Nous avons suivi le mouvement de la rue. Les tensions étaient très vives et nous avons pensé que continuer à diffuser Al-Manar aggraverait la situation", affirme un employé d'une autre compagnie du câble. Sur le terrain, les journalistes paient le prix de ce climat de propagande. "Nous ne nous sentons pas à l'aise en couvrant cette guerre qui pousse les Libanais les uns contre les autres. Car finalement, nous sommes tous Libanais", confie Ayman al-Mawla, caméraman de la chaîne du Qatar Al-Jazira, blessé par des tirs contre sa voiture à Beyrouth ouest.

"Nous sommes arrivés là où nous avions entendu des coups de feu et dix à 15 hommes nous ont tiré dessus", raconte-t-il. Les assaillants ne savaient peut-être pas que les occupants de la voiture étaient journalistes, souligne le caméraman, qui a néanmoins ressenti pendant ces journées une forte injustice envers les médias. "Si vous affichez une pancarte +presse+ sur votre voiture, on vous attaque. Si vous ne le faites pas, vous êtes l'ennemi", remarque-t-il. "A tout moment, vous pouvez être la cible d'une intimidation comme d'une attaque mortelle".
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